Chapitre 2

Chapitre 2 : Réflexion

POV Bill

Ca fait une demi-heure que je suis rentré à l'hôtel. Je suis allongé sur le dos, sur mon lit. Je repense à ce que m'a dit ma grand-mère. Elle a confirmé mes doutes : cancer des ovaires.

On avait finit notre câlin et on était assis sur le fauteuil, elle sur le siège, moi sur l'accoudoir. Je lui ai alors demandé ce qu'il en était vraiment de sa maladie. Et mes larmes qui avaient réussi à se tarir, ont recommencé à couler. Et une fois de plus, c'est elle qui m'a réconforté. Oui, je sais normalement, c'est elle qui devrait pleurer et moi, la prendre dans mes bras en lui murmurant des mots réconfortants. Mais je crois que toute cette situation m'a fait réaliser une chose, dont je n'avais pas encore pris conscience : j'ai perdu trois ans de ma vie loin d'elle et quand je la revoie, c'est à cause de sa maladie. L'éventualité de sa mort me frappe de plein fouet et je réalise alors combien je l'aime, combien elle m'a manqué et combien je ne veux pas qu'elle parte. Rien que de repenser à tout ça me fait monter les larmes aux yeux à nouveau.

Bon Dieu, que j'ai été idiot et égoïste en partant comme ça. Vrai, je ne pouvais plus supporter l'indifférence de mon père mais elle, elle était là tout près...Je suis partit sur un coup de tête en fait.
C'était mon anniversaire et une fois de plus il n'était pas là...Je me souviens que j'avais fait exprès de me réveiller de bonne heure, genre 8h00 du mat', juste pour le voir avant qu'il parte travailler, mais il ne m'a pas souhaité mon anniversaire à ce moment là. C'était un samedi et il travaillait mais ce n'était pas grave, puisque je pensai qu'il rentrerait plus tôt que d'habitude pour cette occasion. Et bien non. En général il rentrait vers 22h-22h30.
J'avais commencé à regardé l'heure vers 18h. Okay...18h30, toujours rien ! 19h, il a eu imprévu, ça doit être ça. 21h... dure réalité : il m'a oublié.
Soit tu m'as oublié et bien à partir de tout de suite, c'est à mon tour de t'oublier. Je me souviens que j'avais pleuré en faisant mes valises. J'ai pris un maximum de trucs : il ne restait plus aucun vêtement, plus aucune paire de chaussures, plus de maquillage, j'avais même pris mes livres, c'est pour dire ! Bon bien sûr, je ne faisais pas le malin quand il a fallu tout transporter mais bon, je voulais marquer le coup, qu'il comprenne bien le message.
Je ne pleurai plus quand j'ai écris ma petite note. Tant mieux d'ailleurs, il y aurait eu des traces de larmes sur le papier et ça aurait gâché tout mon effet !
Entre temps, j'avais appelé un taxi. Je suis sortis et en route pour chez ma mère.

Quand ils avaient divorcé, comme j'avais douze ans, j'avais eu le choix de choisir chez qui je voulais vivre. Et entre ma mère, qui n'aurait qu'une pension dérisoire et mon père, avec un boulot qui paye vachement bien, mon choix était vite fait...Oui, j'ai été comme ça. J'ai eu de la chance qu'elle veuille bien m'ouvrir la porte de chez elle. Elle avait un nouvel homme dans sa vie, Fred, et il m'a lui aussi accepté.
Les premiers temps ont été plutôt durs. Nouvelle vie, nouvelles règles et tout le toutim. Mais bon, à la longue je m'y suis fait. Je dirais même que j'ai gagné au change, je suis une meilleure personne.
A douze ans, je croyais que l'argent faisait la valeur d'une personne mais maintenant je sais que ce ne sont que des conneries. J'en ai eu un exemple plutôt frappant !

J'ouvre mes yeux, me relève sur mes avant-bras et regarde mon portable. 19h30, je me recouche et referme les yeux...Oh merde ! j'ai oublié d'appeler ma mère pour lui dire que j'étais bien arrivé. Je vais me faire T.U.E.R...Ouais mais bon en même temps, elle non plus n'a pas essayer de me joindre, alors hein ! Bon allez, courage, je l'appelle. Trois sonneries et elle décroche.
- Biiiilllll... ??
- Oui ?
Elle a parlé d'une toute petite voix gentille, ça me fait peur ! Trois, deux, un...
- C'est à cette heure ci que t'appelles ? Mon Dieu est-ce que tu te rends compte de l'état de nerfs dans lequel tu m'as mise ? C'était vraiment compliqué de prendre ton portable, d'aller dans ton répertoire et d'appeler ta vieille mère qui a cru mourir d'angoisse ?? Elle a dit ça d'une traite, sans reprendre son souffle. Euh...je sais pas quoi répondre là.
- Je suis désolé, j'ai été pris dans la folie du moment. Je peux toujours tenter. Elle pousse un long soupir d'exaspération.
- Bon, comment ça s'est passé ? Tu es bien installé ? Tu as vu Anna ?
Quoi c'est tout ? Pas d'engueulade du tonnerre ? Bon, ben profitons-en.
- L'hôtel est plutôt bien, je suis à l'aise. J'ai bien vu mamie et c'est plutôt grave. Elle a un cancer des ovaires. Elle allait plutôt bien mais été un peu fatiguée. Je suppose que c'est normal.
- Ok.
Elle n'ajoute rien de plus. Ca n'a jamais été l'entente cordiale entre ces deux femmes. Elle m'a demandé parce qu'elle sait que ça me touche énormément ce qui arrive à ma grand-mère.
- Maman, je vais raccrocher, j'ai pas encore été mangé.
- D'accord Billy. Donne moi de tes nouvelles de temps en temps quand même, d'accord ?
- D'accord, maman. Bisous, je t'aime.
- Moi aussi Billy.

Je pose mon portable sous mon oreiller et me saisis du téléphone sur la table de nuit. Je me commande à manger et patiente. J'entends toquer à la porte et vais ouvrir. C'est Ernest qui m'apporte mon repas. Sur un petit chariot et tout, on s'y croirait vraiment ! Je ne me moque pas hein ! Non ça me fait rire c'est tout. Je le remercie et emporte le chariot dans la chambre. Ernest m'a dit que je n'aurai qu'à appeler la réception quand j'aurai finis de manger pour qu'il vienne débarrasser.

Je prends mon assiette et vais manger sur le lit. Il y a bien une chaise mais bon... Ma mère n'a jamais voulu que j'emporte de la nourriture dans ma chambre et encore moins que je mange sur mon lit, alors là j'en profite. Je brave tout les interdits, n'empêche ! Je me fais rire tout seul.

J'attrape la télécommande et allume la télé. Infos, infos, infos et...oooh que vois-je ? Ne serait-ce t'y pas 'Le destin de Lisa' en VO. Cool ! Bon je ne le regarde pas en français mais là il n'y a que ça alors on va faire avec. Mieux vaut tard que jamais.

[...]

La bouche ouverte, les yeux légèrement plissés, je regarde le générique de fin du troisième épisode. Quand la pub arrive, je reprends mes esprits. Oh la vache, mais c'est trop bien, j'ai adoré ! J'pensais pas !
Il est 21h45, j'ai finis de manger depuis longtemps, il faudrait peut-être que je songe à appeler Ernest pour qu'il vienne me débarrasser. Et s'il dormait ? Ca dort les grooms ? Bon je verrais bien.

Et bien oui, ça dort les grooms, parce que c'est pas Ernest que j'ai vu. C'est Manuel qui était derrière la porte. Et Manuel est beau ! Très beau, tout à fait à mon goût ! Ca fait plaisir à savoir.
Oui, je suis gay. Enfin normalement ! Non je dis ça parce que des fois il y a aussi des filles qui m'attirent. Mais comme j'ai jamais eu d'aventure avec une fille jusqu'à présent, je ne peux que supposer. Mais bon pour l'instant, on va dire que je suis gay !

Je regarde l'heure, il est pas très tard mais le voyage en train, plus toutes les émotions de la journée, ça m'a rétamé. Donc je vais aller me coucher. Petit tour par la salle de bain pour me démaquiller et me brosser les dents et je vais me coucher. Je me mets en boxer et me glisse sous les couvertures.

Un quart d'heure que j'essaie de m'endormir et que je n'y arrive pas. J'aurais du pouvoir m'endormir mais apparemment comme j'ai pas encore repensé à ma rencontre avec mon père, ma conscience m'envoie des grands signaux, pour me forcer à y penser. Saleté !

En toute honnêteté, ça ne m'aurait franchement fais aucun effet si je l'avais vu lui, tout seul, mais bien sûr ils étaient là eux aussi. Comme des p'tits chiens, bien fidèles à leurs postes. A première vue, rien n'a changé. Je pensai sérieusement que le temps et mon départ lui aurait fait comprendre certaines chose, mais non ! Pourquoi changer une équipe qui gagne, hein ?

En plus, non mais les gueules qu'ils ont les pauvres, ça fait rire...ou peur ! Bon d'accord je ne suis peut-être pas tout à fait objectif puisque je ne peux pas me les blairer mais quand même ! Prenons moi par exemple ! Je suis...beau, je le sais, on me le répète assez souvent. Mais eux...par rapport à moi, j'veux dire...enfin on va pas commencer à comparer ce qui n'est pas comparable hein ?
Et puis, j'ai jamais écouté leur musique mais je suis sûr que.........

[...]

Oui bon en fait, à force de penser, de réfléchir, j'ai finalement finis par m'endormir. Il est 11h. Moi qui voulais me lever tôt, c'est un peu râpé. Par contre là, je suis encore un peu dans le pâté, donc je vais aller prendre ma douche. Trois quart d'heure après, me voilà tout prêt, tout beau !
Je vais aller voir ma grand-mère cette après midi. Je vais quand même manger avant. Bon allez, je commande.
C'est Ernest aujourd'hui...dommage ! C'est pas contre lui, il est très sympa mais Manuel, lui, est beau et ça, ça bat la sympathie à plate couture. Je lui ai demandé de faire appeler un taxi pour moi, pour dans environ trente minutes.

[...]

Je suis dans le taxi et devinez qui est le chauffeur. Oui, c'est le même qu'hier. Aujourd'hui, il ne fait aucun commentaire. Il fait bien d'ailleurs. Il me dépose devant le portail et ne me demande pas si je suis sûr que je ne veux pas qu'il m'accompagne jusqu'au marche.
Je me dirige rapidement jusqu'à la porte et suis accueilli par Hans. On s'échange quelques politesses et je lui dis que je vais voir ma grand-mère mais qu'il n'a pas besoin de m'accompagner jusqu'à elle. A première vue mon père n'est pas là aujourd'hui. Ca me rassure.
Je toque à la porte de chambre ma grand-mère et entre quand elle m'en donne la permission. Elle m'accueille avec un grand sourire, que je lui rends instantanément.

- Mon chéri, comment vas-tu ? Me demande-t-elle tendrement.
- Très bien mamie, et toi ? Pas trop fatiguée ?
- Non non ça va ! Viens.
Elle tend une main vers moi et m'attire sur son lit, où nous nous asseyons tout les deux. Elle passe une main dans mes cheveux, caresse mon visage qu'elle détaille d'un air attendri. Quand tu es parti hier, ton père est venu me voir. Il m'a demandé comment ça se fait que tu étais là. J'ai dû lui dire qu'on n'a jamais coupé le contact. Je suis désolée.
C'est vrai que ça m'ennuie mais je ne peux pas lui en vouloir. Il aurait bien fallu qu'il l'apprenne un jour ou l'autre.
- J't'en veux pas mamie...mais tu lui as dit quoi au juste ?
- Que le lendemain de ton départ, tu m'avais appelé pour me dire que tu étais chez ta mère et que tu ne comptais pas revenir. On n'a pas parlé plus de tout ça. Je suppose qu'il mourrait d'envie de me poser des questions mais qu'il s'est retenu. Tu sais, je crois qu'il s'en veut.

D'accord, je vois où elle veut en venir. Je me pince les lèves.
- Mamie, je n'ai pas vraiment envie d'en parler maintenant. Je préfèrerais qu'on parle de nous deux, d'accord ?
Elle baisse les yeux, peut-être déçue mais acquiesce.
-Alors, puisque tu veux parler de nous, commences ! Me dit-elle avec un grand sourire qui me réchauffe le coeur.

Et je me lance dans un récit détaillé de ces trois dernières années. Je lui ai avoué mon homosexualité. J'avais jamais osé le faire au téléphone, elle est de l'ancienne génération donc je ne savais pas comment elle le prendrai. D'ailleurs, je n'avais pas vraiment l'intention de lui dire mais au moment de lui parler de mon premier amour, son prénom est sortit tout seul. Quand je m'en suis rendu compte, je me suis figé sur place et ai arrêté de parler. Je n'osai pas la regarder. Mais quand j'ai sentit sa main sur mon genou, qu'elle a serré de façon rassurante, j'ai compris que ça ne la gênait pas.

Après ça a été à son tour de me parler d'elle. Je me suis bien marré. Elle aussi, il y a des choses qu'elle ne m'avait pas dites. Comme le fait qu'elle a eu une aventure avec un homme, il y a de ça deux ans et qu'elle l'a quitté au bout de cinq mois parce qu'il ne la satisfaisait pas au niveau du...Mon Dieu j'suis choqué ! J'pensais pas qu'on pouvait encore avoir ce genre d'envie à cet âge là. Elle a bien rigolé quand elle a vu ma tête dégoûtée.
J'adore ma grand-mère. . Je suis vraiment heureux de l'avoir retrouvée.

Ca fait deux heures que je suis avec elle et comme je ne veux pas trop la fatiguer, je lui dit au revoir, en lui promettant de revenir demain.

En bas des escaliers, je salue Hans et lui dit à demain.
Je pose ma main sur la poignée de la porte, mais sens une résistance de l'autre côté, alors je la lâche et la personne à l'extérieur ouvre la porte. Mon père...Quelle chance ! On est tous les deux choqués de se retrouver si près l'un de l'autre. Il reprend ses esprits le premier.
- Bon...Bonjour Bill !
J'ai toujours la bouche grande ouverte et je ne sais pas quoi faire ou quoi répondre. Finalement je me décide pour le bousculer et partir en courant. Très mature dans mon genre, j'avoue

[...]

Je suis rentré à pied jusqu'à l'hôtel et comme je l'avais pensé la dernière fois, j'ai bel et bien mis longtemps pour y arriver : quarante-cinq minutes... Moi qui n'aime pas spécialement marcher, j'ai été servi. Mais bon ça m'a permis de réfléchir à ce qu'il s'est passé avec mon père, ou plutôt ce qu'il ne s'est PAS passé, et j'en suis arrivé à la conclusion que j'ai réagi comme un gamin. Super ! En plus en bas des marches, il y avait les autres minables. Forcément ils m'ont vu et maintenant j'ai honte !

Comme si je n'aurais pas pu lui répondre un truc bien cinglant et partir dignement. Peut-être, et je dis bien peut-être, que ma réaction prouve que je n'ai toujours pas tourné la page. Je savais que je ne lui avais pas pardonné mais je pensais que de ne pas avoir de père à mes côtés m'était égal à présent. A première vue non ! Ca fait mal et je ne suis toujours pas guérit.

Ca doit être pour ça que je n'ai pas voulu en parler avec ma grand-mère non plus. Parce que ma blessure est encore ouverte.

Le pire, c'est que je sais que tant que je serai là, je vais être amené à le voir. Du moins à chaque fois que je vais aller voir ma grand-mère. Je me demande si à force, je vais arriver à renouer les liens avec lui. Qui sait ?
Je ne sais pas si j'en ai vraiment envie par contre.
Ce qui est sûr, c'est que tant que eux aussi seront là, j'aurais un blocage. Je ne leur ai jamais parlé, je n'ai jamais écouté leur musique, rien lu sur eux mais ils m'insupportent à un point inimaginable. S'ils n'avaient pas existé rien n'aurait changé dans mes relations avec mon père ! Je les déteste même encore plus que lui !










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Comments :

  • lilou

    06/05/2010

    euh salut
    je viens de commencer ta fiction. je suis pas du genre à commenter à chaque chapitre mais je voulais juste te signaler deux trois petits détails. tu vas me trouver chiante mais je le suis et je l'assume pleinement lol c'est juste que ta fiction me plait déjà et je n'aime pas etre interrompu dans ma lecture pour refléchir lol. Donc c'est juste pour te dire de faire attention a ton texte relie toi attentivement car parfois tu oublie des mots souvent des petits mots mais quand on lis c'est assez dérangeant. et aussi je pense que dans cette phrase : "En bas des escaliers, je salue Ernest et lui dit à demain." vers la fin du chapitre ce n'est pas Ernest mais Hans que Bill salue.
    voilà désolé si ce commentaire d'importune, libre à toi de faire les modifications ou non.
    je retourne à ma lecture ^^
    salut

  • Os-Alles-zu-sagen-Os

    01/03/2010

    Ouille!
    Le vent que c'est prit son père! >.<
    J'espère pour lui que ça va s'arrenger.
    C'est très bon!
    J'ai bien aimer! =)
    C'est le cancer des ovaires qu'elle a finalement... C'est pas joyeux tout ça.
    Mais l'histoire est comique quand même. =D

  • provocation-ya-oi

    06/02/2010

    Oui, je suis gay. Enfin normalement ! Non je dis ça parce que des fois il y a aussi des filles qui m'attirent. Mais comme j'ai jamais eu d'aventure avec une fille jusqu'à présent, je ne peux que supposer. Mais bon pour l'instant, on va dire que je suis gay !

    Ce passage là est PARFAITEMENT génial

    Sinon, bah encopre un commentaire positif, je suis dans l'histoire, et ai l'impression d'y assister de l'intérieur

    Vraiment merci pour ces moments d'évasion!

    Came'

  • l-amour-de-Tom-x

    21/01/2010

    Mouais, et bien c'est pas gai la maladie de sa grand mère...Sinon à part ça, j'ai bien aimé lire ce chapitre, y a des épisodes droles, mais aussi des moments d'émotions, tu nous explique les entiments de Bill, et c'est ce que j'aime dans une fiction

  • Kariieeee

    28/12/2009

    Hahaha la grand-mère qui n'était pas satisfaite de sa vie sexuelle avec son homme! xD

  • eh-tom

    27/12/2009

    Même remarque qu'au premier chapitre, on ne reçoit pas les repas dans les chambres dans un hôtel égal ou inférieur à 3 étoiles.

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