Chapitre 1

Chapitre 1 : Trois ans après
POV Bill


J'arrive à Berlin, après des heures interminables de train. Après trois ans, ça fait bizarre... Mais bon je fais ça pour ma grand-mère. C'est elle-même qui m'a prévenu de son problème de santé la dernière fois que je l'ai eu au téléphone. Je n'ai même pas eu à y réfléchir à deux fois, je lui ai dit que je viendrai la voir. Ma mère ne s'y est pas opposée.
Je n'ai en fait jamais coupé le contact avec ma grand-mère. Dès que je suis arrivé chez ma mère, je l'ai appelé, pour lui expliquer les raisons de mon départ. Elle a été triste mais a comprit. Je lui ai demandé de ne pas dire à mon père qu'elle savait où j'étais. Elle a évidemment essayé de me faire flancher, j'ai tenu bon et elle m'a promis.

Et me voilà aujourd'hui, sur le trottoir devant la gare de Berlin. J'appelle un taxi et lui demande de me conduire à mon hôtel. Oui, parce que même si je sais que ma grand-mère aurait eu assez de place pour m'héberger, j'ai le pressentiment que mon père va s'installer là-bas quelque temps, pour veiller sur sa mère. Et je n'ai pas franchement envie de le croiser plus que nécessaire. Je suis plutôt rancunier et je ne lui ai toujours pas pardonné.

Une fois arrivé devant l'hôtel le "Black Star", le chauffeur m'aide à sortir mes bagages.

- Et voilà jeune homme.
- Merci. Combien je vous dois?
- Ca vous fera vingt-deux euros.

Je lui tends vingt-cinq euros et lui dit de garder la monnaie. Trois euros de pourboires, ça me paraît un peu ridicule -d'ailleurs il doit penser que je suis radin- mais en même temps, j'ai pas vraiment plus à lui donner.
Je me dirige vers l'accueil pour demander les clés de ma chambre. Ce n'est pas un hôtel grand luxe bien sûr, mais il n'est pas miteux non plus. Je suppose que si j'avais continué à vivre avec mon père, j'aurais pu me payer un hôtel trois étoiles. Mais en allant vivre avec ma mère, j'ai du revoir mes exigences à la baisse. Ca a fait du bien à mon égo, j'étais un peu pourri-gâté sur les bords.

- Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous?
- Je suis Bill Lacan. J'ai réservé une chambre chez vous.
- Oui je vais regarder ça
. Il jette un coup d'½il à son ordinateur. Ah voilà, chambre 110. Je vais appeler quelqu'un pour vous y conduire et monter vos bagages.
-Merci.

En attendant que le groom arrive, je me décale un peu sur la droite pour laisser la place libre aux autres clients éventuels.
Je détaille le lobby : c'est vraiment très beau. Des plantes vertes style Yuka aux quatre coins de la pièce, une moquette bordeaux au sol, les murs recouverts de lambris marron foncé. La réception est située tout à gauche de la pièce. C'est un comptoir en bois massif de la même couleur que les murs. D'après les casiers dans lesquels sont rangées les clés, je m'aperçois qu'il n'y a qu'un étage et pas plus de vingt chambres. Il y en a cinq au rez-de-chaussée et donc quinze au premier. Le numéro des chambres est écrit en chiffres doré sur les portes. Cet endroit est chaleureux, j'aime beaucoup. Je suis interrompu dans ma découverte des lieux par le groom qui vient d'arriver.

-Veuillez me suivre, s'il vous plaît, me dit-il en me souriant de façon professionnelle.

Je hoche la tête, il prend mes deux valises et nous nous dirigeons vers l'ascenseur. Une fois que l'ascenseur se stoppe, il me dirige vers la droite. Il glisse la clé dans la serrure de ma chambre et me fait entrer à l'intérieur avant de rentrer à son tour.
Il dépose mes valises dans l'entrée et me fait faire le tour de la chambre. Ca va plutôt vite en fait car ce n'est vraiment pas grand.
Tout de suite sur la gauche, une petite salle de bain avec des toilettes et une douche, puis dans la pièce principale, une chaise, un lit avec une télé en face, une commode, une table de nuit avec une lampe de chevet et une téléphone posés dessus. Ouais plutôt limité tout ça. Mais bon tant pis! Je ferai avec.
Avant de sortir, Ernest, le groom, me dit que si j'ai besoin de quelque chose, je n'ai qu'à appeler la réception. Même que si je veux, je peux leur demander de me réveiller le matin. La classe!
Bon au lieu de raconter des conneries, je vais ranger mes affaires, prendre une douche puis j'irai voir mamie.
[...]

Okay, alors il est 15h30. Elle n'habite pas très loin d'ici, enfin en voiture je veux dire, parce que si j'y vais à pied, j'en aurai pour des plombes.
J'appelle donc la réception pour qu'ils m'appellent un taxi. Ils me disent qu'un passera me prendre d'ici un quart d'heure. Parfait, juste le temps de vérifier mon maquillage, de me recoiffer un peu, d'enfiler une veste et mes chaussures et je descends.

Je n'ai même pas à attendre cinq minutes que mon taxi arrive. Je lui indique l'adresse de ma grand-mère. Il ouvre grand les yeux, l'air complètement abasourdi. Ouais, c'est vrai que ma grand-mère habite plus un domaine qu'une maison. Et apparemment ça l'impressionne.

- Woua la villa des Oliviers? C'est la classe. Vous allez travailler là-bas? me demande-t-il avec un accent à couper au couteau. Il est italien.
-Non, je vais rendre visite à ma grand-mère. Je lui réponds sèchement mais avec un petit sourire hypocrite. Non mais, est-ce que j'ai vraiment l'air d'un domestique?
- Ah excusez-moi. Bon et bien allons-y.
- Hum, bonne idée
. Déjà que je suis stressé à l'idée de peut-être revoir mon père, lui me met en plus de mauvaise humeur. Il faut que je me calme pour aller voir ma grand-mère.

Je ne sais pas exactement ce qu'elle a, elle n'a pas voulu me le dire au téléphone. Elle m'a juste dit qu'elle aurait besoin de soins et qu'elle préférait rester chez elle...pour l'instant. C'est ce 'pour l'instant' qui m'a fait le plus flipper. C'est pour ça que je languis de la voir pour qu'elle m'éclaire un peu plus sur le sujet. Et même si cette possibilité me terrorise, je pense qu'elle a un cancer. J'avais aussi imaginé une leucémie mais d'après moi, pour cette maladie, le patient à l'obligation d'aller à l'hôpital, donc... Mon Dieu, j'ai peur ! Ca fait peut-être trois ans que je ne l'ai pas vu mais on se téléphone souvent, on s'écrit même parfois. Je l'aime et je n'ai pas envie de la perdre.

Après quinze minutes de route, le taxi arrive aux Oliviers. Un grand portail en fer forgé blanc, derrière lequel s'étend un jardin assez vaste et dans le loin, j'aperçois le 'mini château' de mamie. A couper le souffle, c'est toujours aussi beau.
Le chauffeur me dit qu'il peut me déposer juste en bas des marches. Ca se voit dans ses yeux qu'il crève d'envie de pénétrer dans la propriété. Mais il m'a énervé alors je lui dis non. J'vous l'avais dis que j'étais rancunier !
Après être partit trois ans plus tôt, j'avais conservé les clés de chez ma grand-mère, dont celle du portail, alors je peux rentrer sans avoir à m'annoncer à l'interphone. C'est mieux comme ça.
Arrivé en bas des marches, je regarde autour de moi et j'ai l'impression d'être dans un parc automobile. Non mais c'est vrai ça ! Il n'y a pas moins de cinq voitures garées devant. C'est dingue ça quand même !
Ma grand-mère n'a pas de voiture donc je suppose, à mon plus grand malheur, que mon père est là. Je ne sais pas à qui sont les autres. Enfin, j'ai bien ma petite idée sur la question mais je préfère ne pas y penser. Oh joie ! Bon allez, je ne me laisse pas décourager et monte les escaliers. Je suis venu pour ma grand-mère, pas pour lui. Je n'ai pas de compte à lui rendre alors je ne vais pas le laisser gâcher mes retrouvailles avec ma grand-mère. Je pousse l'énorme porte d'entrée noire à double battant. Avant de rentrer, je souffle un grand coup et tente de calmer les battements de mon coeur.

A peine rentré, le majordome se précipite vers moi. Faut dire que j'ai fais son job à sa place en ouvrant la porte pour moi-même. Ca me fait rire.

- Bonjour Hans, comment allez-vous ?
- Oh Monsieur Bill, je ne vous avez pas reconnu. Vous êtes venu voir votre grand-mère alors ?
- Oui Hans, est-ce que vous pourriez me conduire à elle ?
Je connais Hans depuis toujours. Il travaille chez ma grand-mère depuis tellement longtemps qu'il fait presque partie des meubles. Je l'apprécie énormément.
- Bien sûr. Venez elle est dans sa chambre.

Je le suis en souriant. Après quelques pas, mon regard est comme attiré vers la gauche. Je stoppe mes pas quand je le vois. Lui aussi m'a vu. Il est entouré de ses petits protégés. A première vue, il était en train de parler avec eux mais s'est arrêté quand il m'a vu. Les quatre stars se tournent dans ma direction pour voir ce qui a attiré l'attention de leur manager. C'est à ce moment là que je reprends ma marche, je ne veux pas les voir : le tête haute, le buste bien droit et le pas déterminé. Je suis Hans au premier étage.

J'oublie tout de suite ma pseudo rencontre avec mon père quand j'arrive devant la porte de la chambre de ma grand-mère. Hans me laisse là et redescend.
J'ouvre la porte et suis réellement surpris. Moi qui m'attendais à la voir allongée dans son lit, agonisant, à l'article de la mort, je la vois assise sur un fauteuil, prêt de la fenêtre, en train de lire un livre. Ca me rassure. Je lui fais savoir ma présence en me raclant la gorge. Elle lève la tête de son livre et me fait un grand sourire, qui sans que je comprenne pourquoi, fait monter les larmes à mes yeux.

Les coups de fil et lettres ne remplaceront jamais la sensation d'avoir une personne qu'on aime face à soi. Elle se lève, je m'avance vers elle . Une fois à sa hauteur, elle aperçoit les larmes dans mes yeux et ouvre ses bras, pour que je me blottisse dedans. Je pose ma tête sur son épaule et elle caresse mes cheveux. C'est réconfortant et apaisant. Ca fait du bien. Je laisse couler mes larmes librement, dans les bras de ma grand-mère. Trois ans, c'est long.

POV David Jost

Les garçons et moi sortons de la cuisine. Nous sommes arrivés ce matin. La nouvelle de la maladie de ma mère m'a foutu un sacré coup. Les garçons, quand ils l'ont appris, ont tenu à m'accompagner. Ils sont en vacances en ce moment et m'ont dit qu'ils souhaitaient passer quelques jours à mes côtés pour me soutenir.
A peine dans le hall, j'entends Hans parler avec quelqu'un. Comme je ne vois pas qui pourrait venir visiter ma mère, je me retourne. Je suis stupéfait de le voir ici. Mon fils ! Trois ans que je ne l'ai pas vu, trois ans qu'il est partit. Il me voit à son tour mais son visage ne reflète aucune émotion. C'est au tour des garçons de se retourner puisque je ne participe plus à la conversation. Il repart à ce moment là. Il les déteste tout autant qu'il me déteste moi.

- David, ça va ? me demande Georg.
- Hein ? Oh...euh...je... Je n'arrive pas à trouver mes mots, il m'a bouleversé.
- Putain, c'est qui lui ? D'accord il est canon mais de là à se mettre dans cet état quand même ! Plaisante Frank, faisant rire Tom.
- C'est mon fils !

Ils arrêtent de rigoler tout net et me regardent tous avec des yeux ronds.

- T...Ton fils ? Me demande Frank le premier. Je hoche la tête.
- Mais tu ne nous en a jamais parlé, s'étonne Gustav.
- Je... C'était au début de votre carrière. Il a le même âge que vous, Tom et Frank, vous savez, donc à l'époque il avait quinze ans. Je passai beaucoup de temps avec vous pour vous aider à percer. Vous vous souvenez le temps qu'on passait en studio ? C'était énorme mais ça en valait tellement la peine...je pousse un profond soupir. J'ai juste oublié que j'avais un fils qui m'attendait chez moi. Lui par contre n'a pas oublié que son père n'était pas présent. Le jour de son dix-septième anniversaire, j'étais avec vous. Quand je suis rentré, tard le soir, il n'était plus là. Il m'avait laissé un mot sur la table de la cuisine. Il m'expliquait qu'il partait sans me dire où il allait. Souvent, j'annulai nos sorties pour m'occuper de vous. Je lui faisais de la peine sans m'en apercevoir, et je crois que ce jour là ça, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Quand j'y r'pense, j'lui avais même pas acheté de cadeau, j'avais complètement zappé.

Ils me regardent tous avec attention et compassion. Je ne sais pas pourquoi, ils ne le connaissent même pas.


- Je me rappelle mot pour mot de ce que sa lettre disait :
Papa,
Comme tu ne t'en es visiblement pas souvenu, aujourd'hui c'était mon anniversaire....
Même si je n'ai reçu aucun cadeau de ta part ce n'est pas très grave, tu sais.
Je me suis fais plaisir à moi-même, un cadeau de moi à moi en quelque sorte : Je vais me faire le plaisir de me tirer d'ici!
Merci de ne pas avoir été présent ces deux dernières années.
Bill


Un sourire amer étire mes lèvres. Je m'en veux terriblement. A cet instant, le regard que me lance mes petits prodiges me gonfle.

- C'est pas vraiment la peine de me regarder comme ça, vous savez. Il me déteste mais vous aussi ! S'il vous venait l'envie de lui parler, oubliez ça tout de suite, parce que au mieux il va vous ignorer, au pire vous envoyer chier.

Ils froncent les sourcils face à ma réaction mais ne répondent rien. A ce moment là, nous entendons des bruits de pas dans l'escalier, alors nous tournons la tête vers ceux-ci. Bill redescend, il va partir. J'aimerais bien aller lui parler, même juste pour lui dire bonjour, mais j'appréhende sa réaction. D'ailleurs, il tourne la tête dans ma direction et le regard froid qu'il me lance finit de me dissuader. Il traverse le hall de son air digne et confiant, salue Hans et sort de la maison.

Soudain, je réalise quelque chose : comment il a su que sa grand-mère était malade ?
Il faut que j'ai une discussion avec elle !

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Comments :

  • lapucedebill

    11/03/2010

    le debutma l air vraiment bien sur ceux je vais continuer a lire

  • Os-Alles-zu-sagen-Os

    01/03/2010

    Hello!
    Très bon chapitre! =)
    Je comprends que Bill ait voulu partir et la réaction qu'il a eu avec son père et les membres du groupe ne m'étonne pas du tout.
    J'ai beaucoup aimer mais je me demande quelle maladie à sa grand-mère. (En espérant que ce ne soit pas la leucémie)
    Est-ce que je peux être prévenue? Je ne sais pas s'il y a un article sur ça mais bon! ><

    Rouquelle!

  • provocation-ya-oi

    06/02/2010

    Comme l'autre fiction, je fais un grand HOURRA!!!

    C'est juste génial. On rentre dans l'histoire réellement ce qui est rare. J'ai li'mpression d'etre parmi eux, dans la maison de cette grand mère. Elle n'a pas l'air bien malade; serait-ce un coup monté pour réunir les hommes de sa vie?

    Les retrouvailles sont émouvantes, entre Bill et sa Gd Mère.

    L'arrivée de Bill face à son père m'a énormément plus, le regard vide, sans émotion, David désemparé et les membres du groupe perdus.
    Parlons endu groupe, c'est certainement la seule chose que je n'arrive pas à bien visualiser dans ton histoire; Un Frank, c'est Bof mdr'

    Mais c'est certain qu'un Bill aurait été assez déplacé dans cette histoire

    Mais c'est vrai que je n'imagine pas le groupe de la meme facon du coup
    ^^

    Continue de me faire réver!

    Came'

  • 3-twincest-love-3

    23/01/2010

    Et bah tu te débrouille super bien pour une débutante je trouve,,,, Bravo, poursuit ta rédaction de cette fi, moi jme contantrais de lire ^^
    Bonne continuation...

  • l-amour-de-Tom-x

    21/01/2010

    Re coucou. Vu que je suis passée sur ton blog tout à l'heure pour commenter ton nouveau chapitre j'ai (seulement maintenant, trop douée la fille...) remarqué que tu avais une autre fiction! Donc me voila^^. En tout cas, j'aime beaucoup celle ci pour le moment, l'histoire est originale, j'avais encore jamais lu de fiction où l'un des jumeaux est le fils de david! J'aime, et vais lire la suite

  • Die-Neue-Job-Fiction

    28/12/2009

    Bonjour :) Bah, jsuis tombé sur ta fiction et je l'aime vraiment beaucoup pour être frânche :) J'ai trop rit en lisant ''Il travaille chez ma grand-mère depuis tellement longtemps qu'il fait presque partie des meubles'' :P Je m'attendais à ''Il fait presque partie de la famille'' moi xD

  • eh-tom

    27/12/2009

    Très bon petit chapitre, par contre, dans un hôtel inférieur à 3 étoiles (et même égal) il n'y a personne qui te montent les valises... C'est réservé aux riches sa ;)

  • Annuaire-Fiction---x

    24/11/2009

    Coucou. Je viens te prévenir que ton article est en ligne :D
    Merci de ton inscription.
    Tu peux m'ajouter dans tes préférés et amis :)
    Bisous (l)

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