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Chapitre 3 25/11/2009

Chapitre 3 : Détestable
POV David

Je descends à la cuisine me préparer un café. Je regarde la pendule, il est 8h00. Les garçons ne devraient pas tarder à me rejoindre. Même s'ils sont en vacances, aujourd'hui ils ont une interview importante pour un magasine à succès, suivie d'un photoshoot. Mais c'est une exception, ensuite ils seront libres comme l'air.

Tout en buvant mon café, je laisse mon esprit vagabonder. Je repense à mon fils. Ca m'a coupé le souffle de le voir si près de moi hier, mais j'ai quand même réussi à lui dire quelque chose. Bon, c'est vrai qu'il est partit en courant, mais pour ma part, je trouve que c'était un bel effort. Peut-être même que la prochaine fois j'arriverais à lui demander comment il va ! C'est dingue d'avoir peur de son enfant, de ne pas le connaître au point de ne pas pouvoir prédire ses réactions. Ca détruit de s'apercevoir que l'on a été un mauvais père.

Je suis interrompu dans mon introspection par l'arrivée des garçons. Euh...Ils ne sont que trois là, c'est normal ?

- Où est Tom ? dis-je en serrant la main de Georg.
- Il dort encore. A première vue, il a chopé un rhume et il a de la fièvre, me répond Gus.
- Mais il nous a dit d'y aller quand même, que ça ne lui posait aucun problème, rajoute Frank.
- D'accord, je vais quand même aller voir comment il va.

L'avantage que ma mère ait une grande maison, les garçons peuvent dormir ici, aussi. Mais ce n'est pas définitif. Aujourd'hui, c'est Jeudi et ils repartent dimanche matin.

Je frappe doucement à la porte de Tom. J'entends un grognement. Je suppose que ça doit vouloir dire 'entrez', donc je pousse la porte. Quelle petite andouille, il n'a pas fermé ses volets. Il a quand même eu le bon sens de tirer un peu les rideaux. Il est enfouit sous sa couverture, je n'aperçois même pas le haut de sa tête.

- Tom, c'est David. Ca va ?
D'accord aujourd'hui, il a décidé de grogner pour répondre. C'est spécial quand même...et pas très clair non plus.
- Tu veux que j'appelle un médecin ?
Il sort un peu sa tête de sous la couette et la secoue négativement. J'le savais. Il n'aime pas les docteurs.
- Ok, si tu as besoin d'une aspirine ou quoi que ce soit, c'est dans la cuisine, sinon en cas d'urgence, tu m'appelles sur mon portable.

Je ressors de sa chambre sans faire trop de bruit. Je m'avance vers la chambre de ma mère pour voir si elle est réveillée. Ca m'étonnerait, il est quand même de bonne heure. Mais j'entrouve quand même la porte pour voir. La pièce est plongée dans le noir. Tant pis ! Je l'appellerai dans la matinée pour prendre de ses nouvelles.

POV Bill

Je sens mon téléphone vibrer sous mon oreiller pour la troisième fois en peu de temps. Il faudrait peut-être que je décroche si je veux qu'on me foute la paix.
- Allô ? Dis-je en grognant.
- Billy mon chéri, c'est mamie.
- Oh mamie, comment tu vas ?
je suis tout de suite de meilleure humeur.
- Très bien ! Ton père n'est pas là aujourd'hui alors je me suis dit que tu pourrais venir dès ce matin et on qu'on pourrait manger ensemble ce midi.
- Oui bien sûr, ça me ferait plaisir. Il est quelle heure ?
- 10h00. Je ne te réveilles pas au moins, je n'y ai pas fais attention.
- Non c'est bon, ne t'en fais pas. Bon et bien, je vais me préparer et je serai chez toi d'ici une heure/ une heure et demie.
- Très bien mon chéri, à tout à l'heure.

Bon je vais aller me laver. Je ne vais pas déjeuner sinon j'aurai plus faim à midi.

[...]

J'vais finir par croire que c'est mon chauffeur perso ! D'ailleurs c'est ce qu'il doit penser aussi, puisqu'il me regarde à travers le rétroviseur en souriant. Allez va, je suis de bonne humeur, je vais engager la conversation.
-Vous vous appelez comment ?
- Alberto. Et vous ?
- Bill. Et vous êtes originaire d'Italie c'est ça ?
Il acquiesce. D'où exactement ?

[...]

C'était sympa de parler avec lui, en fait. J'entre chez ma grand-mère et suis agréablement surpris de la voir parler avec Hans dans le hall d'entrée. Elle est bien habillée et maquillée. Ca fait vraiment plaisir de la voir comme ça, elle ne se laisse pas abattre. Hans lui dit quelque chose et elle rigole. Elle se tourne vers moi et son regard est pétillant. Hum, à mon avis il y a anguille sous roches...

- Billy, mon grand comment tu vas ?
- Toujours aussi bien que tout à l'heure,
je me tourne vers le majordome. Bonjour Hans ! Il me salue à son tour.
- Il est 11h00, ça te dirait de venir m'aider à préparer à manger?
Euh, elle est au courant que la seule chose que je sais faire en cuisine, c'est lécher les plats et goûter les sauces ? Oui elle doit le savoir puisqu'elle rajoute précipitamment ! Ne t'en fais pas, je sais que tu n'es pas bon cuisinier mais on pourra passer un bon moment ensemble.
- Bon d'accord ! Allez viens on y va !


[...]

Ca fait une demi heure que l'on est dans la cuisine, à préparer à manger, à se raconter des trucs, à rire surtout. Mon Dieu que ça fait du bien !

Là tout de suite, elle est en train de faire une imitation_ plutôt pas réussie d'ailleurs_ d'Angela Merkel, c'est à mourir de rire. Je suis assis sur la table, en train de grignoter un bout de pain, mes jambes se balancent dans le vide et je la regarde s'agiter dans tout les sens. Elle frise le ridicule. Je vois sa gamelle d'eau sur la plaque de cuisson déborder mais je suis pris d'un tel fou rire que je n'arrive même pas à lui dire.

- Ma-mamie...arrête...re-regarde ! J'arrive à pointer la casserole du doigt et elle se retourne. Elle se précipite vers la plaque et l'arrête. Elle me fait face et explose de rire. On est bien de la même famille tiens !
- Billy, regarde tu me fais faire n'importe quoi !
- Hey, c'est pas d'ma faute ! C'est toi qui fais la folle depuis tout à l'heure.
- Oui, oui bon ! Mets la table s'il te plaît !

Je saute de la table et me dirige vers le placard duquel je sors deux assiettes.
- Non, non mon chéri, sors en quatre !
- Quatre ? Pour quoi faire ? T'as tes amis imaginaires qui vont nous rejoindre ou quoi ?
Je me marre et elle lève les yeux au ciel.
- Hans va venir manger avec nous et...quelqu'un d'autre aussi.
Bon et bien puisqu'elle ne veut pas me le dire, je verrai bien le moment venu, c'est pas grave.
- Il se passe quoi avec Hans ?
- Avec Hans ? Rien voyons.
- Ouais c'est ça, on m'la fait pas à moi ! je la bouscule gentiment du coude et lui fait un clin d'oeil. Elle baisse les yeux et rougis.


[...]

Et voilà la table est mise. Ma grand-mère en bout de table, normal, moi à sa droite, Hans à sa gauche et l'inconnu à côté de moi.. Pendant que je mettai les serviettes à côté des assiettes , elle est allée prévenir Hans que le repas serait bientôt prêt. Elle revient même pas cinq minutes après, suivie de Hans et de...non c'est pas vrai, qu'est ce qu'il fait là lui ? Je comprends pourquoi elle voulait pas me dire qui c'était le quatrième ! Finalement, il va manger à côté de Hans, ça sera mieux. En plus, je ne sais pas ce qu'il a mais il a une vraie sale gueule aujourd'hui, des mégas cernes sous les yeux et le teint gris.

- Allez hop ! Tout le monde à table ! s'écrie ma grand-mère joyeusement.
Ils me jettent tous un coup d'oeil, un peu appréhensif. C'est bon, j'vais pas l'bouffer, hein ! Je m'installe à ma place et ils font tous de même. Ma grand-mère en profite pour déposer le plat de spaghettis au milieu de la table.
- Tu fais le service p'tit Billy ?
J'allais lui dire non, mais je lève les yeux vers elle et vois qu'elle me demande avec ses yeux de faire un effort.
- D'accord, si tu veux. Donne moi ton assiette, tu es la première.

Je la sers, puis sers Hans et tourne la tête vers...machin, je ne sais pas comment il s'appelle ! Il me tend son assiette que je lui arrache des mains. Quand j'ai finis, je pose son assiette en la balançant un peu. Puis je me sers et me rassois en me laissant tomber lourdement sur la chaise.

Même si les trois autres parlent de tout et de rien, l'ambiance pendant le repas est plutôt lourde. J'avoue, j'y suis pour grand chose. J'ai la tête baissée vers mon assiette, je ne prend pratiquement pas la peine de mâcher, je m'empiffre. Un vrai porc ! Et je ne participe pas à la conversation. Dès que je bois un coup, je repose mon verre fortement sur la table.Bref, la totale pour être désagréable.

Bon à première vue, il s'appelle Tom, c'est le guitariste du groupe et normalement aujourd'hui, s'il n'avait pas été malade, il aurait dû aller une interview avec les autres. Hans et ma grand-mère, n'arrêtent pas de lui demander des nouvelles sur « cette affaire ». Je ne sais pas du tout de quoi ils parlent. Ce n'est pas comme si ça m'intéressait vraiment mais pour quelqu'un curieux comme moi, c'est très mystérieux.

-Excusez-moi mais je me sens fatigué, je crois que je vais retourner me coucher, nous informe Tom. J'aurais bien envie de dire « on s'en fout » mais je vais me retenir.
-Bien sûr joli coeur, ça ne nous dérange pas ! lui sourit ma grand-mère.
Joli coeur ? D'où il lui vient ce surnom ?
-Merci. Et merci pour le repas.

Nianiania, et merci par-ci, et merci par là, quel hypocrite ! Ca me gonfle !
Ca y est il est sortit, je vais pouvoir respirer. Ma grand-mère se tourne vers moi une fois que la porte est refermée et me dit sur le ton du reproche.

-Bill ! Tu aurais pu faire un effort quand même !
-J'ai fais un effort ! J'ai rien dit !
-Tu sais très bien de quoi je veux parler !
Elle se lève et commence à débarrasser. Je me lève à mon tour et lui prend l'assiette des mains pour faire le travail à sa place.
-Je suis désolé mamie...mais...je ne peux pas l'apprécier, les apprécier ! Dis-je en haussant les épaules.
-Bon, je me prépare une tisane et je vais me reposer aussi, dit-elle un peu plus gentiment.
-D'accord, je serai dans le salon, je pense que je vais lire un peu. Comme ça je serais toujours là quand tu te réveilleras.
-Bien sûr Billy.
Elle me fait un sourire tendre et caresse mon visage. J'aime beaucoup quand elle fait ça. J'ai l'impression d'être très important à ses yeux.

[...]

Dès que j'ai eu fini de débarrasser, je suis allé dans la bibliothèque de ma grand-mère pour choisir un livre et je suis retourné dans le salon. C'est une pièce magnifique : Une moquette bleue foncée, un grand tapis tout en longueur bleu foncé aux motif turcs. Au milieu du côté gauche, une cheminée devant laquelle se trouvent deux sièges gris de chine et un tapis rond blanc cassé moelleux. Du côté droit, un ensemble canapé trois places et deux fauteuils gris de chine également et un énorme tapis blanc cassé aussi. En face du canapé une grande télé.

Je vais m'asseoir sur un des fauteuils près de la télé pour être à côté d'une fenêtre comme ça je n'ai pas besoin d'allumer la lumière. Je me cale bien dans le fauteuil en remontant mes jambes contre mon torse et me jette dans mon livre.

POV Tom

Il est 15h00, ça fait environ deux heures que je dors. Bien évidemment, je me sens encore fatigué. C'est toujours comme ça quand j'ai la crève. Mais je n'arrive plus à dormir alors je me décide à aller au salon pour regarder la télé. Je crois avoir vu une collection de DVD et cassettes assez impressionnante.

J'entre dans la pièce. Il n'y a pas de lumière, à part le feu de la cheminée. Il fait super bon ici, c'est agréable. Il n'y a aucun bruit donc je suppose que je suis seul. Mon DVD à la main, je me dirige à tâtons vers le canapé. Seulement, je me prends les pieds dans le grand tapis blanc et me tape dans le bord du sofa et pousse un gémissement de douleur. Je m'étale sur le canapé en me tenant le pied et en serrant les dents très fort pour m'empêcher de hurler.
C'est juste à ce moment là, que je m'aperçois qu'en fait je ne suis pas seul.

-Tu crois pas que tu pourrais faire plus de bruit ? Je pense que ma grand-mère ne t'as pas entendu depuis son lit, s'exclame le fils de David, Bill.
-Ca va, j'ai pas fais exprès non plus ! Je lui réponds sur le même ton agressif. Je ne vais pas non plus être agréable alors que lui ne l'est pas et en plus j'ai mal.
-Encore heureux !

Je soupire d'exaspération et me lève pour aller mettre mon DVD dans le lecteur : Tranformers 2 ! J'ai adoré le premier mais je n'ai pas eu la chance de voir le second au cinéma. C'est dommage parce qu'un film comme ça, il vaut mieux le voir au ciné, ça change carrément l'ambiance. Mais bon...
Je me réinstalle confortablement sur le canapé prêt à passer un super moment. C'était sans compter sur la petite teigne.

-Euh, t'as pas remarqué que je lisais un livre là ?
-Si et alors ?
-Et alors ? Pour lire, il faut être au calme et ça va pas être possible avec ton film à la con en fond sonore.
-T'es pas obligé de lire dans le salon, tu sais ?

Il fait une tête outrée, c'est trop marrant. Je lui ai coupé le sifflet, il ne sait pas quoi répondre. Bien fait ! Non mais c'est vrai, c'est quoi son problème à la fin ?

En général, je m'entends bien avec tout le monde, je suis un gars sympa, déconneur et décontract'. Mais avec lui, ça passe pas. Mais c'est de sa faute, pas la mienne ! Je ne sais pas ce qu'il s'imagine mais on ne lui a pas enlevé son père, les garçons et moi. Ce n'est pas non plus la faute de David remarque. C'est son métier, c'est tout. S'il est assez bête pour ne pas le comprendre, c'est son problème.
Tiens, il s'en va...J'en profite pour augmenter le son. Làààà, voilà ! Je vais enfin pouvoir profiter.

POV Bill

Quel sale con, non mais franchement. Je préfère partir avant de commettre un meurtre.
Je monte les escaliers en silence, pour aller voir si ma grand-mère dort toujours. J'entre sans frapper au cas où. Je la vois sur son lit en train de lire. La lecture c'est de famille, apparemment.

-Coucou mamie. Ce fait longtemps que tu es réveillée ?
-Une demi heure au plus.
-Tu voudrais que je te monte quelque chose à boire...ou à manger peut-être ?
-Une autre tisane s'il te plaît.
-D'accord j'en ai pas pour longtemps.

Je redescends et me dirige vers la cuisine. J'ouvre la porte assez fort et heurte quelque chose ou plutôt quelqu'un. Tom. Il n'a pas de chance le pauvre. D'abord son pied sur le canapé et maintenant son genou dans la porte. Je ricane mais m'arrête quand je le vois me jeter un regard noir.

-Ne t'excuses pas surtout si t'en as pas envie, hein !
-Oh ça va, j'l'ai pas fais exprès non plus.

Il soupire de douleur et va s'asseoir sur une des chaises. Je rentre à mon tour dans la pièce et commence à préparer la tisane de ma grand-mère. Je me retourne vers lui et vois qu'il a remonté la jambe droite pour découvrir son genou blessé. Il est rougit et a déjà commencé à enfler. C'est vrai que j'y suis pas allé mollo quand j'ai ouvert la porte.

J'ai bien envie de lui dire que c'est pas en le fixant que ça va aller mieux. A la place, je prends un torchon et mets ma main sous le distributeur à glaçons du frigo américain. J'en laisse tomber une petite dizaine dans le torchon et fais une boule avec. Je m'approche de lui et m'abaisse à hauteur de son genou puis pose le torchon glacé dessus. Il recule sous la froideur mais je le maintiens fortement en place. Cependant, je ne peux pas m'empêcher de lui en faire la remarque.

-T'es vraiment douillet, hein.
-C'est froid et je ne m'y attendais pas, c'est tout !
Se défend-il.

Je lève la tête vers lui et le regarde d'un air blasé. Seulement mes yeux, se trouvent plongés dans les siens et du coup ça me rend tout chose. J'entends la bouilloire siffler et me lève –rapidement- pour l'arrêter. Ouf, j'ai eu chaud sur ce coup là. Voilà, c'est prêt, je vais enfin pouvoir sortir d'ici.

-Bon, je...je monte sa tisane à ma grand-mère. Tu...tu devrais le garder sur ton genou encore quelques minutes, je pense.
-Ok d'accord, merci !
me répondit-il avec un grand sourire.
Je lui rends un petit sourire timide puis sors de la cuisine.

****

-Merci Billy, tu es un ange, me dit ma grand-mère, alors que je lui tends sa tasse. Je m'assois à côté d'elle, on est tout les deux appuyé sur la tête du lit.
-Chéri, j'aimerais que l'on parle de ton père !
Oh non, tout mais pas ça...Mais son ton sérieux me fait comprendre que je n'y couperais pas





Chapitre 4 02/12/2009

Chapitre 4 : Le premier pas qui compte

POV Bill

Elle a donc parlé et moi j'ai écouté. Je n'avais pas grand-chose à dire sur le sujet. Je suis plutôt du genre 'mauvaise tête'. Mais bon, elle m'a demandé de faire un effort, au moins pour elle, alors c'est ce que je vais faire. Demain, si mon père est là, j'irai le voir pour lui dire 'bonjour'. Pas beaucoup plus pour le moment, je ne sais pas si j'en suis capable.

21h00. Bon, c'est pas tout ça mais je commence à avoir sérieusement faim. J'attendai que l'heure tourne pour être sûr de voir Manuel. Je pense que là c'est bon, donc je commande.

****
Effectivement, c'est lui. Je lui fais un grand sourire en lui ouvrant la porte. Il me le rend bien sûr. J'ai retouché mon maquillage et ma coiffure en l'attendant et sans vouloir me vanter ou quoi que ce soit, je suis vraiment ca-non ! Effet souhaité garantit !

-Bonsoir, voilà ce que vous aviez commandé, me dit-il sur un ton très professionnel. C'est pas tout mais si je veux tenter ma chance avec lui, il faudrait peut-être que je le décoince.
-Je pense qu'on à le même âge, alors peut-être qu'on pourrait se tutoyer, non ? je lui propose avant de me présenter, je m'appelle Bill et toi ?

Il baisse les yeux sur le badge accroché à son uniforme et me regarde d'un air amusé mais pas moqueur. Bravo Bill ! Très bonne question, vraiment champion du monde !

-Ah ben oui j'suis bête, c'est écrit sur ton badge ! je me sens vraiment embarrassé et stupide, donc, Manuel, tu as quel âge ? C'est écrit nulle part ça ! je souris pour faire bonne figure mais en vrai je suis en train de me foutre des claques mentalement.
-Bon, déjà, je veux bien qu'on se tutoie et j'ai vingt-quatre ans, me répond-il gentiment en pénétrant dans la chambre avec le chariot contenant mon repas. Il avance jusque dans la pièce principale et se retourne vers moi, et toi tu as quel âge ?
-Vingt ans.

Un silence s'installe parmi nous et je ne sais pas quoi dire pour apaiser l'atmosphère. Finalement, c'est lui qui s'en charge.
-Je te laisse manger. Appelles-moi quand tu auras terminer, on pourra mieux parler à ce moment là.
Ah, voilà un gentil garçon ! Parfait ! J'approuve d'un signe de tête et le raccompagne jusqu'à la porte.

****
Ca fait un quart d'heure que Manuel et moi faisons un peu mieux connaissance. En fait, ceci est l'hôtel de son oncle et comme lui aussi veut faire carrière dans l'hôtellerie, son oncle l'a embauché, comme simple groom pour l'instant, mais comme il me l'a très justement fait remarqué, 'il faut bien commencer quelque part'.

Je lui ai dit que pour ma part, après mon bac, je suis allé dans une école d'art pour apprendre la photographie, mais que cette année, j'ai décidé de prendre une année 'sabbatique', ne sachant pas exactement quelle orientation prendre dans cette branche. Je me donne un an pour y réfléchir.

-Et en fait, je suis ici pour rendre visite à ma grand-mère malade, conclus-je en poussant un long soupir.
-Elle est malade ? Qu'est-ce qu'elle a ? Enfin si c'est pas indiscret..., rajoute-t-il précipitamment.
-Non, c'est bon, t'en fais pas. Elle a un cancer...des ovaires.
-Oh, une de mes tantes à eu ça aussi et...,
il s'interrompt en me regardant un peu gêné.
-Et quoi ?
- Et bien...en fait...j'voudrais pas te casser le moral tu vois,
bafouille-t-il en rigolant un peu mal à l'aise, j'aurais mieux fais de me taire...
-Elle est décédée, c'est ça ?
-Ouais, elle est morte neuf mois après !
Il à l'air triste tout à coup. En même temps, c'est compréhensible. Moi même je suis triste rien que de savoir que ma grand-mère est malade, alors lui...
-Je suis désolé.
-C'est pas grave, ça fait deux ans maintenant,
c'est du passé...Il regarde sa montre. Bon je vais retourner travailler, ma pause est terminée, m'informe-t-il.
-Ok, ça m'a fait plaisir de te rencontrer, lui dis-je sincèrement.
-Moi aussi.
Il débarrasse mes couverts, qu'il dépose sur le chariot et se dirige vers la porte. Avant de sortir, il se retourne vers moi.
-Tu...tu crois que tu pourrais me donner ton numéro de portable, pour qu'on puisse se voir quand je serais de repos ? me demande-t-il en rougissant un peu. YES ! Rha, la chance que j'ai, il est homo !
-Oui bien sûr, attends deux s'condes je vais chercher un papier.
Je reviens et lui tends le petit post-it bleu sur lequel j'ai noté mon numéro.
-Tu peux me donner le tien aussi, s'il te plaît ? Je lui tends un stylo et ma main gauche pour qu'il note son numéro dessus.
-Et voilà mon cher ! me dit-il tout fier en relâchant ma main. Je rigole avec lui et le regarde disparaître dans l'ascenseur. Quand il se retourne et me voit, il me fait un petit signe de la main, en m'adressant un sourire.
Je sens que je vais bien dormir...

[...]

Je suis devant la porte d'entrée de ma grand-mère et je prends une profonde inspiration afin de me donner du courage. La voiture de mon père est garée juste en bas des marches, donc je suppose qu'il est là et comme hier j'ai promis de faire un effort par rapport à lui à ma grand-mère, aujourd'hui, je vais aller lui parler...Je suis vraiment très nerveux. Bon aller, c'est partit.

Je rentre dans la maison mais ne voit personne bien que j'entende des voix dans le salon. Je décide d'aller voir mamie avant d'aller le voir lui, il me faut encore un peu de temps. Je suppose que ma grand-mère va savoir trouver les mots juste pour me donner le courage nécessaire.
J'arrive devant la porte de sa chambre, toque et attends sa réponse avant de rentrer.

-Coucou mamie, ça va ?
-Oh Billy mon grand ! Je vais bien et toi ?
-J'suis un peu nerveux mais ça va. Tu es sûre que ça va ? Tu as l'air fatiguée.
-Je suis fatiguée mais ce n'est pas pour ça que je ne vais pas bien,
me dit-elle en souriant, pourquoi est-ce que tu es nerveux ?
-Ben...tu sais...je dois aller parler à mon père !
-Ah oui c'est vrai ! C'est bien mon chéri de faire un effort !
-Je le fais pour toi !
-Je le sais. Viens t'asseoir à côté de moi.
Je m'assois à côté d'elle sur son lit et elle passe son bras droit autour de mes épaules. Tu sais, je crois que ton père aussi est très nerveux quand tu es dans les parages. Il ne sait pas comment se comporter...
-Et ben...on va faire une jolie paire quand je vais aller lui dire bonjour,
dis-je pessimiste.
-Si tu veux pour rendre les choses plus faciles, je peux venir avec toi, comme ça une fois que vous vous serez dit bonjour, c'est moi qui ferai la conversation.
-Non, c'est bon, ça fait trop gamin. Mais c'est gentil !
-D'accord, qu'est-ce que tu comptes lui dire ?
me demande-t-elle en me dévisageant attentivement.
-Euh...bonjour ?
-Et ?
-Et...c'est tout !
-Bill !
me dit-elle sur le ton du reproche, c'est très bien de vouloir faire des efforts mais il faut en faire des vrais.
-Mais une fois que je lui aurai dit ça, il pourra engager la conversation à partir de là. C'est quand même lui l'adulte ! Et puis en plus toute cette histoire c'est de sa faute alors c'est à lui de faire le plus d'effort....en plus je suis sûr que tu lui as parlé à lui aussi, donc il sait que j'ai l'intention d'aller le voir. Il a bien dû préparer un petit discours,
lui dis-je et je la vois me faire un petit sourire malicieux.
-Tu es vraiment intelligent mon petit, elle passe sa main droite sur mon visage, qu'elle rapproche d'elle et m'embrasse le front.

***
Voilà, j'y suis. D'après les voix que j'entends, il est toujours dans le salon, en compagnie des quatre musiciens.
Je souffle un bon coup et pousse la porte, en faisant plus ou moins de bruit pour qu'ils m'entendent. Ils sont en train de regarder la télé et se tournent tous vers moi. Je me sens rougir instantanément. J'ouvre la bouche pour parler mais rien ne sort. Ok, je passe pas pour un abruti déjà. Aller Bill, dis quelque chose...d'intelligent de préférence.

-Bonjour papa ! dis-je rapidement. Je me sens con, mais con ! Il se lève de son fauteuil et s'approche de moi. Il s'arrête à quelques pas de moi et met ses mains dans ses poches.
-Bonjour Bill, ça va ? me salue-t-il à son tour avec un sourire approximatif.
-Euh...ouais. Et toi ? Quel niveau de conversation impressionnant.
-Bien, bien ! Il lève la tête au ciel, ferme les yeux et prend une profonde inspiration. Elle avait raison, il est aussi stressé que moi.
-Bon, ben je vais y aller hein, à la prochaine ? dis-je incertain.
-Oh euh, je...d'accord ! dit-il visiblement déçu. Il ne s'attendait pas à une conversation aussi brève mais ça fait trois ans que l'on ne s'est pas parlé et je lui en veux toujours un peu alors il ne pouvait pas s'attendre à ce que je lui saute dans les bras.

Je me dirige vers la porte et alors que je pose ma main sur la poignée, j'entends mon père m'appeler et me tourne vers lui. Il est debout près de son fauteuil

-Ca me fait plaisir de te revoir ! Je hoche la tête et quand je me retourne mes yeux tombent sur Tom, qui me fait un petit sourire sympathique. Oh mon Dieu ! Mes yeux s'agrandissent et mes joues rougissent. Je me retourne vers la porte, abaisse la poignée et sors précipitamment. Je suis complètement cinglé. Ce n'est qu'un garçon. Un garçon avec des yeux magnifiques, un sourire d'enfer mais un garçon que je déteste...suis sensé détester !

[...]

Purée, ça m'a carrément chamboulé de parler avec mon père et j'aurais bien besoin d'en parler avec quelqu'un...mais qui ? Peut-être à ma mère...je sais qu'ils ne se sont pas quittés en très bon termes mais si ça me touche, elle m'écoutera quand même et elle saura me conseiller.

-Allô ?
-Maman, c'est moi.
-Ah mon chaton, comment tu vas ?
Je lève les yeux au ciel en entendant ce surnom. Non mais franchement, la gueule du chaton. Bref, c'est quand même mignon...
-J'ai parlé à papa aujourd'hui, je lui annonce sans préambules.
-Ah...et ? Ca s'est bien passé ?
-En fait on n'a pas dit grand-chose. T'aurais dû nous voir, les deux coincés d'la vie !
Je l'entends rigoler. Elle me répète souvent que pour certaine situation, je suis aussi couillon que mon père et à première vue, c'est vrai.
-Ca t'as fais quoi de lui parler ?
-Je sais pas trop...Dans un sens je n'avais pas très envie de lui parler mais de l'autre côté je pensai qu'on aurait des tas de choses à se dire, des explications à se donner, mais rien...
-Donne vous du temps. Tu ne rentres pas tout de suite à la maison, alors si vous devez vous réconcilier, ça risque de vous prendre un peu de temps...Ca va aller tu verras !
-Merci maman, je t'aime.
Et c'est vrai. Elle m'encourage à aller vers lui alors qu'elle ne l'aime plus du tout et qu'elle avait beaucoup souffert quand à douze ans, j'avais choisi mon père à elle.
-Moi aussi Billy. Tiens nous au courant.
-Bien sûr. Passe le bonjour à Fred.

[ ...]

POV David

Je me rassois encore un peu sonné par cette rencontre. Ma mère m'avait prévenu qu'elle avait eu une conversation avec Bill pour qu'il vienne me parler mais je ne pensais pas sérieusement qu'il le ferait. Bien évidemment, j'en suis ravi, même si cette discussion était un peu abrupte. Je ne vais pas me plaindre, je suis vraiment heureux qu'il ait tenu parole. La prochaine fois que je le voie, c'est moi qui engagerait la conversation et je ne le laisserai pas partir aussi vite. Non ! J'aurai des choses à dire, à lui apprendre et des questions à lui poser.

-Ca va Dave ? me demande Gustav soucieux.
-Plus que vous ne pouvez l'imaginer ! leur dis-je avec un grand sourire.

J'ai pas mal parlé avec eux de mon fils et ils savent que je m'en veux même s'ils n'arrêtent pas de me dire que je n'y suis pour rien. Frank m'a dit que Bill faisait probablement sa crise d'adolescence quand il est partit, ce à quoi je lui ai répondu qu'il avait dix-sept ans. Il m'a alors rétorqué que certain sont moins précoces que d'autres. Le pire c'est qu'il était on ne peut plus sérieux...

-Bizarre qu'il soit venu te parler, non ? me demande Georg.
-C'est ma mère qui lui a demandé.
-C'est vrai qu'ils ont l'air très proches, d'après ce que j'ai vu hier,
nous confie Tom.
-Au fait, ça s'est passé comment avec lui ? Vous avez parlé ? lui demande Frank.
-Dire qu'il m'a agressé serait plus juste, quand il ne m'ignorait pas, comme il l'a fait au repas ! Après ma sieste, je suis venu au salon, j'avais pas vu qu'il était là et je me suis empégué le canapé , je me suis fait un mal de chien et encore il m'a engueulé ! nous raconte-t-il. Mais je me suis pas gêné pour le remettre à sa place alors il est partit. Ensuite, j'étais dans la cuisine, j'allai sortir quand il a ouvert la porte comme un bourrin dans mon genou. Mais il m'a quand même donné de la glace pour mettre dessus. Donc en gros, je dirais que ça aurait pu être pire, finit-il avec son très célèbre petit sourire en coin.
-David, je suis au regret de t'annoncer que tu as engendré un monstre, nous dit Georg d'un ton très solennel.
Je secoue la tête en ricanant et je suis très vite imité par les garçons qui rigolent à leur tour.
Je suis sur le point de retrouver mon fils et cela ma met d'extrêmement bonne humeur.

Chapitre 5 03/12/2009

Chapitre 5 : Compte à rebours

POV Bill

Aujourd'hui, c'est journée shopping ! Trop longtemps que je ne suis pas allé faire les magasins pour le propre bien de ma santé mentale. En plus, je suis quand même à Berlin, ça serait un sacrilège de ne pas en profiter.
De toute façon, j'ai prévenu ma grand-mère que je n'irai peut-être pas la voir. Ce n'est pas très grave, m'a-t-elle dit, puisqu'elle doit aller à l'hôpital pour passer certains tests. Je l'appellerai quand même dans la soirée pour prendre de ses nouvelles.

Je passe ma main gauche sur mes yeux pour les frotter et j'aperçois le numéro de téléphone de Manuel. Je me demande si...Oh et puis je n'ai rien à perdre à lui envoyer un texto. J'attrape mon portable sous mon oreiller et rédige mon message :

-Salut Manuel, c'est Bill, tu te souviens de moi ? Aujourd'hui je vais faire les boutiques, tu voudrais venir avec moi ? Réponds moi !-

Voilà, en attendant je vais aller me laver et me préparer. Je choisirai mes habits après la douche, en fonction de la réponse de Manuel.

Je me glisse sous l'eau brûlante et ferme les yeux. Mon Dieu que c'est agréable. On n'a rien inventé de mieux que la douche, je crois. Je mouille mes cheveux et attrape la bouteille de shampooing. J'en verse une bonne quantité dans ma main et la sent avant d'en imprégner mes cheveux. Hum ! A l'abricot. J'adore ! Pour moi tout le rituel de la douche est très important. J'aime tout les parfums, les senteurs et le fait que mes cheveux sentent bons est un point véritablement important pour moi. Ca peut être enivrant, doux, sensuel, enfin bref un bon atout de séduction. Et aujourd'hui, c'est un peu l'effet recherché si Manuel se joint à moi.

Je laisse mes idées vagabonder en même temps que je lave mon corps et allez savoir pourquoi quand je pense à Manuel, automatiquement tout de suite après, je pense à Tom. Non mais ça ne va plus du tout là, je dois le détester normalement et voilà que je fantas...pense à lui sous la douche.

C'est vrai qu'en y regardant de plus près, il est vraiment mignon dans son genre. Un beau visage fin illuminé par de grands yeux en amande marron étincelant. Une jolie bouche bien pulpeuse ornée d'un piercing. Et il est coiffé de jolies tresses noires. Non vraiment, il est beau, on peut le dire. Attention, hein, je suis mieux quand même, mais bon...Le truc c'est que c'est une attirance physique, pas plus, parce que lui et les trois autres, ils m'ont quand même piqué mon père.

Ok ! maintenant voilà que je pense à mon père tout en lavant mon arrière train. Je choisis bien mon moment.
Je me rince en me disant que la prochaine fois que je le verrai, il faudrait peut-être que j'ai une vraie conversation avec lui. De toute façon maintenant que l'on s'est retrouvé, l'heure des explications est inévitable.
Je sors de la cabine de douche, me sèche rapidement et retourne dans ma chambre pour voir si j'ai reçu une réponse de Manuel. Oui! Et...il vient. Je lui renvoie un message en lui disant de me rejoindre ici vers 11h00.
Il est 10h10, j'ai pratiquement une heure pour me préparer, ça devrait suffire.
***
J'aperçois Manuel accoudé au comptoir de l'accueil et me dépêche sur les derniers mètres. J'ai presque un quart d'heure de retard.

-Salut Manuel, désolé du retard, je m'excuse en lui tapotant sur l'épaule. Il se retourne alors vers moi avec un grand sourire.
-Oh et bien, c'est pas grave. Tu es...vraiment très beau!
-Merci, lui dis-je en rougissant un peu.
-On y va? me propose-t-il et j'acquiesce.
Il m'emmène jusqu'au parking où sa voiture est garée. Il la déverrouille et je grimpe à l'intérieur.
-Je te propose quelque chose, commence-t-il, je t'emmène manger quelque part et ensuite je te montre les meilleures boutiques du centre ville.
-D'accord, ça me va. Tu m'invites ?
Il rigole mais hoche la tête quand même et entame sa marche arrière.
***

On est attablé dans un petit restau sympa. On vient juste de commander et je trouve que la conversation à du mal à démarrer. Il faudrait peut-être que je me lance dans le vif du sujet.

-Alors...tu as quelqu'un ?
Il était en train de boire et s'étouffe avec son verre d'eau. C'est vrai que là, j'y suis allé un peu fort. Mais bon...ça m'intéresse quand même !
-Euh...non, non j'ai personne, me dit-il avec un beau sourire, et toi ? Attends non, me dis pas. Une beauté comme toi ne peut pas être libre ! Et ben, lui aussi il y va fort. Il doit essayer de me mettre mal à l'aise à son tour. Mais c'est très flatteur ce qu'il m'a dit.
-Et bien figure toi que si ! Depuis six mois.
-Six mois ? Ne me dis pas que personne n'ose t'approcher parce que je ne te croirai pas. Je suis persuadé que tu as beaucoup de succès.
-Oui c'est vrai, j'ai beaucoup de succès mais je crois au véritable amour alors je me permets de...faire le tri parmi les 'prétendants',
lui dis-je avec un regard malicieux , et toi alors ? Célibataire depuis quand ?
-Oh,ben, je...Depuis peu!
ça me paraît étrange tant de mystère. Peut-être que la rupture a été difficile. Excuse-moi de te demander ça comme ça mais...tu...tu préfère les garçons, hein ? me demande-t-il un peu plus réservé.
-Oui, exact, comme toi en fait.
-Comment t'as deviné ?
-Facile, t 'arrêtes pas de me draguer,
dis en rigolant.
-N'importe quoi, c'est toi qui me drague, me répond-il en rigolant à son tour.
Le serveur arrive et dépose les plats devant nous. Je le regarde s'éloigner toujours un petit sourire aux lèvres et reporte mon attention sur Manuel.
-Bon au moins une chose de claire : on se plaît, commence-t-il, alors de quoi on va parler maintenant ?
Il me fait rire et j'aime beaucoup ça. Les hommes qui ont de l'humour ont tout de suite beaucoup plus de chances avec moi.
***

Nous sommes sortis du restaurant il y a quarante-cinq minutes environ et maintenant nous nous dirigeons vers le centre commercial.

-Tu vas voir je vais t'emmener dans une boutique qui va faire ton bonheur, se vante-t-il, bon évidemment je n'y suis jamais rentré puisque ce n'est pas mon style mais je suis sûr que ça va te plaire.

C'est vrai qu'il a un style beaucoup plus classique que le mien : jean, t-shirt, baskets. Ca lui va bien. Il est plus petit que moi mais plus musclé. Oui, il a pas de mal en même temps. Il est un peu typé, à les cheveux courts noirs et des yeux marrons vraiment foncés. Oh oui, il est beau.

Après à peine quelques minutes de marche, nous arrivons enfin devant la boutique et quand je pénètre à l'intérieur, je ne peux que me rendre à l'évidence, il avait raison, c'est une boutique pour moi. Des slims, des vestes en cuir, des t-shirts à motifs, des accessoires...Le temple de la mode pour moi.
Je me dirige immédiatement vers les pantalons.

-Alors ? J'avais raison ou pas ? me souffle Manuel à l'oreille en se collant à mon dos alors que je lève un slim noir devant mes yeux. Je hoche simplement la tête, trop absorbé par le pantalon que je tiens dans mes mains pour réellement me soucier de la proximité entre nous.
-Tu l'aimes bien celui-là ?
-Ouais, il t'irait bien je pense,
dit-il en se détachant de moi.
-Tiens, tu peux me le porter pendant que j'en cherche d'autre ? je lui demande en lui fourrant le jean dans les bras sans attendre sa réponse.

Quelques dizaines de minutes plus tard, je me retrouve dans une cabine avec tout un tas de fringues différentes. Manuel m'attend en dehors de la cabine, assis sur un siège. Je commence par essayer un slim couleur jean, un t-shirt blanc à motifs et une veste noire. Je tourne sur moi-même et ne suis pas vraiment sûr du résultat. J'ouvre alors le rideau à la volée pour défiler devant Manuel. Il me regarde des pieds à la tête et je peux voir dans son regard qu'il aime ce qu'il voit.

-Alors ?
-Ca te va très bien !
souffle-t-il.
-T'es sûr hein ? Il hoche la tête plusieurs fois. Je retourne dans ma cabine, satisfait.
Je répète le même petit manège trois fois d'affilée. A chaque fois j'obtiens une réponse positive de la part de Manuel.

Alors que j'ai enlevé mon t-shirt et m'apprête à défaire ma ceinture, j'entends le rideau s'ouvrir. Je n'ai qu'à peine le temps de me retourner qu'il se jette sur mes lèvres en me serrant fort contre lui. Il me fait un peu reculer et je heurte le mur, ce qui me fait gémir. J'aime bien quand on me bouscule un peu. Et j'avoue que j'apprécie son baiser et ses mains qui caressent mon torse mais quand il commence à vouloir détacher ma ceinture je trouve que ça va un peu trop vite pour moi, alors je le repousse gentiment. Il détache ses lèvres des miennes doucement et me regarde un peu confus.

-Désolé, Manu mais...on pourrait attendre un peu non ? lui dis-je en lui faisant un petit sourire désolé.
-Oui, bien sûr je comprends, ne t'en fais pas ! Il caresse mon visage avec sa main droite et dépose ses lèvres une dernière fois sur les miennes. Par contre, ça, je ne pourrais pas m'en passer.
-D'accord, c'est pas grave, ça me plaît bien ! Bon je me rhabille et j'arrive.
Je ressors avec mes trois jeans, six t-shirts, deux vestes et nous nous dirigeons vers la caisse. Il est déjà 16h00-je perds rapidement la notion du temps quand je fais du shopping-alors je demande à Manuel de me ramener à l'hôtel. Je l'apprécie beaucoup et suis content que l'on commence à sortir ensemble mais il faut que je lui fasse comprendre que pour l'instant je ne suis sûr de rien.

Nous arrivons environ une demi heure plus tard et il se gare le long du trottoir.

-Merci. Et merci de m'avoir inviter au restau...lui dis-je ne me détachant et en me tournant vers lui.
-De rien, j'ai passé une très bonne après-midi en ta compagnie, il me sourit tendrement et met ses deux mains en coupe sous mon visage qu'il rapproche de lui pour m'embrasser. Il exerce une douce pression et je sors ma langue pour lui caresser la lèvre inférieure. Il sort sa langue à son tour et la fait glisser entre mes lèvres. Nos deux langues se caressent doucement pendant de longues minutes et nous nous détachons. Je le regarde en souriant et il fait de même.
-Appelle moi, d'accord ? je lui demande en sortant de la voiture.
-Bien sûr Beauté, me répond-il avec un clin d'oeil. Je lui fais un signe de main et me dirige vers l'entrée de l'hôtel.
***

Je suis allongé sur mon lit, la série que j'étais en train de regarder vient de se terminer. Il est 18h00, je me décide donc à appeler ma grand-mère, en supposant qu'elle est rentrée de chez le médecin.
J'attrape mon portable, compose son numéro et attend qu'elle décroche. Une, deux, trois sonneries...

[...]

POV David

J'entends le téléphone de l'entrée sonner et me précipite dessus pour décrocher avant que le bruit ne réveille ma mère.

-Allô, je demande à bout de souffle. C'est plus de mon âge de faire des efforts.
-A...Allô ?
-Bill ? C'est toi ?
-Euh oui. Tu pourrais me passer mamie s'il te plaît ?
-En fait, elle dort. Elle est allée se coucher tout de suite en rentrant de l'hôpital.
-Oh,...oh ! Bon ben tant pis, je rappellerai !
-Non, non attends !
lui dis-je précipitamment, si tu veux je peux te dire comment ça s'est passé. Il ne répond pas tout de suite et j'ai peur qu'il ne décide de me raccrocher au nez.
-Oui je veux bien, finit-il par dire.
-Alors en fait, les médicaments qu'elle prenaient ne sont pas assez forts donc le cancérologue lui a conseillé de commencer une chimiothérapie. Juste deux séances par semaines au début et ensuite ils verront comment ça va se passer.
-Une chimio ? C'est vraiment obligé?
Il à l'air vraiment peiné.
-Oui mais ce n'est pas un traitement très lourd, tu sais, j'essaie de le rassurer. Je ne sais pas trop comment lui expliquer pour ne pas trop l'effrayer. C'est pour ne pas que la maladie se propage plus...trop vite.
-Est-ce qu'il a dit s'il y avait des chances de rémission ? me demande-t-il, l'inquiétude perçant dans sa voix. Je pousse un long soupir.
-50-50...
-Oh mon Dieu...et comment va-t-elle ? Elle l'a bien pris ?
-Ben, elle est sous le choc mais elle tient le coup pour l'instant. Elle est très forte comme tu le sais.
-Ouais,
je l'entends pousser un petit gloussement. Un silence s'installe mais il ne raccroche pas. C'est bon signe.
-Bill...je...est-ce que tu voudrais venir manger ici demain midi avec nous ? Avec moi ? j'appréhende sa réponse mais il faut que je tente. J'ai besoin de me racheter et de rattraper le temps perdu.
...-Oui d'accord, je veux bien, me répond-il dans un souffle. La boule dans ma gorge se défait et je respire à nouveau un peu mieux.
-D'accord ! D'accord ! C'est bien...merci Bill. A demain !
-A demain papa !
me dit-il avant de raccrocher.

Les larmes me montent aux yeux. Les nerfs me lâchent. Ma mère est malade, je retrouve mon fils, c'est trop d'émotions pour moi.

-Hey Dave, c'était qui ? me demande Tom en passant une main sur mon épaule. J'essaye de ravaler mes larmes avant de me tourner vers lui.
-C'était Bill. C'était mon fils ! Mais mes larmes finissent tout de même par couler librement sur mes joues et il me serre dans ses bras pour me calmer. Ca peut paraître bizarre comme geste mais il n'y a aucun sous-entendu. Les garçons et moi entretenons une relation père/fils, rien de plus. Mes larmes arrêtent de couler au bout d'un petit moment et je me détache de Tom.
-Merci, lui dis-je, tu le répète à personne, hein.
-A ouais ? Et j'aurais quoi en échange ?
me demande-t-il sournois.
-Rien du tout sale gosse, lui dis-je en le bousculant. Tu vas te la boucler ou sinon les filles dans ta chambre d'hôtel, tu peux leur dire adieu !
-Bon ben dans ce cas, si tu m'prends par les sentiments, je serais muet comme une carpe !
me dit-il en levant les mains au ciel.

Je passe un de mes bras autour de ses épaules et nous nous dirigeons vers le salon en rigolant, pour rejoindre les autres.
J'attends demain avec impatience mais je suis tout de même très nerveux. L'heure des explications approche...



Chapitre 6 05/12/2009

/!\ Il y a un lime dans ce chapitre (rien de bien méchant) mais si vous n'aimez pas ce genre de scène, sautez toute la partie en italique/!\

Chapitre 6 : La réconciliation

POV Bill

Il est à peine 7h00 du matin et je suis déjà réveillé. Je stresse comme un malade à l'idée de me retrouver à la même table que mon père.
Hier, quand j'ai raccroché, j'en menai pas large. Je me suis demandé au moins un milliard de fois ce qu'il m'avait pris d'accepter. J'ai finis par me dire que ce n'était pas une si mauvaise chose. Au moins ma grand-mère verrait que je fais de réels efforts.

J'ai tout de même eu du mal à me calmer alors j'ai commencé à envoyer des SMS à Manu, dans le but, au départ, qu'il m'écoute, me comprenne, compatisse et m'aide éventuellement. Seulement, ce petit échange m'a permis de confirmer quelque chose que j'avais cru comprendre hier après-midi : Manuel est un chaud lapin. Il a commencé à me chauffer à partir du huitième message. Alors forcément, moi, je lui ai dit une nouvelle fois que j'étais pas du genre à être aussi rapide et que de toute façon, sur le moment, j'avais besoin qu'il m'aide à me détendre. Ce à quoi il a répondu -t'en fais pas ça va te détendre...et puis c'est pas tout à fait comme si on couchait ensemble- et comme dans un sens il avait raison, j'ai finis par rentrer dans son jeu. Plutôt soft au départ. Mais le truc avec moi, c'est que je mets du temps à chauffer mais une fois que je suis lancé, plus rien ne m'arrête. Alors je l'ai appelé...

-Alors Manu, tu disais quoi déjà? je lui demande d'une voix ronronnante.
-Que je me met au dessus de toi. Je me penche vers ton visage et t'embrasse. Mes grandes mains douces et expertes caressent ton torse. Ma main droite joue avec ton téton alors que ma main gauche continue sa descente jusque sur ton ventre. Est-ce que tu sens mes mains sur toi Bill?
-Hum...oui,
je gémis tout en reproduisant chacun des gestes qu'il me décrit, j'aime ça Manu, continue...!
-Mes lèvres quittent ta bouche et ma langue titille ton oreille gauche et ensuite trace une ligne imaginaire jusqu'à ton cou. Je t'embrasse et laisse ma marque.
-Je glisse ma main gauche dans tes cheveux pour que tu continues tes baisers et ma main droite caresse ton dos de haut en bas et une fois arrivé à l'ourlet de ton t-shirt, je glisse mes mains fines dessous et le remonte le long de ton corps pour te découvrir. Une fois ton vêtement au sol, je m'appuie sur mes avant-bras et attrape ta lèvre inférieure entre mes dents et la mord sensuellement.
-Mes deux mains, qui continuaient de caresser ton torse se déplace vers ta ceinture, qu'elles s'affairent à retirer. Hum, Bill, je tremble d'excitation, aide moi à retirer ta ceinture.
-Oh Manu...mes mains t'aident à ouvrir ma ceinture, tu ouvres mon pantalon, abaisse ma fermeture éclaire et me défait mon pantalon.
Je remonte sur tes jambes en les léchant, les embrassant et les caressant. Elles sont douces et infinies. En arrivant au niveau de ton boxer, je lèche la bosse qui s'y forme et continu mon chemin.
-Tu aperçois enfin, mon tatouage à l'aine. Il te fascine et tu en retrace les contours du bout des doigts en me regardant droit dans les yeux. Je gémis et tremble d'excitation sous tes caresses.
Tout en disant cela, je passe moi-même mes doigts sur mon étoile. Des soupirs de plaisir s'échappent de ma bouche. Manu, dis-moi à quel point tu aimes me toucher...
-Bill, ton corps est si beau et tentant, ton tatouage un véritable appel à la luxure. Je me penche et ne résiste pas à l'envie de le lécher. Ma langue te procure des milliers de frissons et tu me supplies de t'enlever ton boxer pour soulager ton érection.
-Manu...je t'en pries déshabille moi...regarde moi et touche moi...Fais moi du bien s'il te plaît!
-Mes pouces se glissent sous ton boxer et le descende lentement. Ma main gauche se pose sur ta hanche et ma main droite commence à caresser ton sexe. Doucement, tout doucement. Tu aimes la tendresse...alors ma main gauche dérive peu à peu vers la haut de ton corps, en effleurant tes côtes. Elle se glisse finalement sous ta nuque et dans tes cheveux qu'elle caressent. Mes lèvres rencontrent les tiennes une nouvelle fois et nos langues vont à la rencontre l'une de l'autre.

Je gémis comme un malade en me masturbant. Comme c'est bon!
-Mes mains agrippent tes bras et je nous fait basculer pour me retrouver sur toi. Je te chevauche et tu continues tes caresses sur mon sexe. Mes mains s'activent à te défaire de ton pantalon et de ton boxer. je veux te voir nu. Hum, tu es beau et bien fait. Ton sexe est bien tendu et il me donne envie. Je te regarde dans les yeux. Mon regard est noir de désir, je me lèche les lèvres et griffe ton torse. Toujours en te regardant, je commence à descendre sur ton corps en me déhanchant. Mon visage se retrouve face à ta virilité. Je te lèche sur la longueur et arrivé en haut, je te lance un clin d'oeil avant de te prendre en bouche.
-Oh mon Dieu Bill, tu me fais du bien. Je rejette ma tête en arrière et glisse mes mains dans tes longs cheveux noirs.
-Ma bouche monte et descend énergiquement sur ton sexe. Je te suce, te lèche et très vite tu découvre mon piercing à la langue, quand je me mets à jouer avec sur ton gland. Ma main droite se glisse jusqu'à mon pénis et je me masturbe au même rythme que je te fais la fellation.
-Oui, Bill, continues...
je l'entends gémir et cela m'excite encore plus à mon tour. Je sens l'orgasme approcher à grands pas.
-Tes mains appuient sur ma tête plus fort pour que je te prenne loin dans ma gorge. Je sens le plaisir monter de plus en plus en toi, alors j'accélère le rythme de ma bouche sur toi et de ma main sur moi.
-Je gémis ton prénom à n'en plus finir. De voir ta tête monter et descendre sur moi, me rend dingue. Je t'aide de mes mains à accélérer encore. Je suis très proche.
-Je suis proche moi aussi et les mouvements de ma main n'en finissent plus d'accélérer. Je retire ma bouche, quand je me sens venir mais continue de lécher ton gland. Ma main recouverte de sperme remonte jusqu'à ta bouche pour que tu la lèche.
-Alors que je sors ma langue pour lécher ta main et te gouter, je t'incite à reprendre mon sexe en bouche et je viens dans ta bouche après quelques vas-et-viens. Tu te redresse et avale en me regardant, puis te laisse tomber sur mon corps.

Je viens d'être terrasser par un orgasme de malade et ai du mal à reprendre mon souffle. J'entends qu'il en est de même pour Manu à l'autre bout du fil. Après quelques minutes, il reprend la parole.
Alors? T'es détendu maintenant? me demande-t-il toujours un peu hors d'haleine.
Je rigole et il fait de même...


Alors autant dire que oui, ça m'a détendu. Ca fait tout de même long six mois sans sexe. Enfin, je veux dire, c'était pas du vrai sexe mais je me comprend. Après avoir raccroché avec lui, je me suis endormi pratiquement instantanément. Nu et sale mais serein. Sauf que ce matin, le stresse revient à une allure folle. Bon, je vais commencer par aller prendre une douche pour me nettoyer et qui sait ? Peut-être que ça va me relaxer.
***

Je reste un maximum de temps sous la douche pour faire tourner l'heure mais bon au bout d'un moment, je commence à me sentir coupable d'utiliser de l'eau juste pour mon bon plaisir alors je sors. Seulement une heure et quart a passé.
Je prends tout mon temps pour m'habiller. Je veux un look qui me correspond mais qui ne soit pas non plus trop voyant. Je fais ça pour mon père, bien que ça ne l'ai jamais dérangé que j'ai un style androgyne et que je me maquille. En fait, l'idée c'est que je m'habille avec quelque chose qui me correspond mais qui soit classe en même temps. Du coup, je mets un T-shirt bleu, un jean moulant et une grosse chaîne. Pas plus et pour le maquillage, j'insiste moins sur l'eyeliner que d'habitude et je laisse mes cheveux lisses.
En toute objectivité, quand je me regarde, je trouve que je fais vraiment gay...et de dos, je fais carrément gonzesse. Je me demande si mon père s'est déjà demandé si j'étais homo. En tout cas, j'espère pour lui que ça lui pose pas de problème, parce que s'il me fait une seule remarque, plus jamais je ne lui adresserai la parole et là c'est sûr et certain. Parce que c'est qui je suis, quelque chose que je ne peux pas changer et s'il ne l'accepte pas, on n' à rien à voir ensemble alors !
Je regarde l'heure à nouveau, il est pas loin de 10h00. Cool ! Ca sert de passer deux plombes à se préparer. Je me dirige vers mon lit et allume la télé . Je suis complètement vautré sur le lit quand je sens mon portable vibrer sous mon oreiller. Je l'attrape distraitement tout en gardant mon regard rivé à l'écran. Un nouveau message. Je l'ouvre, il est de Manuel.
-Alors ? Bien dormi Beauté ?- j'adore ce surnom qu'il me donne. Je lui répond et quand je vais pour fermer mon téléphone, je m'aperçois qu'il est déjà 11h15. Je descend donc à la réception pour qu'ils m'appellent un taxi.

[...]

Je monte les marches de l'escalier extérieur lentement, très lentement. Mais ça ne me prend même pas une minute, et je me retrouve déjà devant la porte d'entrée à attendre comme un p'tit couillon.
Je souffle un bon coup, prend mon courage à deux mains et toque. Pas longtemps et pas très fort. En espérant que personne m'entende.

-Bonjour Bill! me salue Hans. Mais c'est pas vrai! Il a une ouïe ultra perfectionnée, c'est pas possible!
-Bonjour Hans! je le salue à mon tour avec un petit sourire mais le coeur n'y est pas vraiment.
-Venez, votre grand-mère et votre père vous attendent au salon.
J'acquiesce et le suit. En approchant de la porte, j'entends plusieurs voix masculines différentes. C'est pas possible qu'il n'y ait que ma grand-mère et mon père dans cette pièce. Et effectivement, quand Hans ouvre la porte, je les vois tous autour de piano et je ne peux pas m'empêcher de lever les yeux au ciel. Visiblement, quelqu'un était en train d'en jouer...
-Mme Jost? Bill vient d'arriver! l'informe Hans. Ils se retournent tous vers moi et je m'aperçois que c'est Tom qui est assis au piano.
-Bonjour mamie, lui dis-je en m'avançant vers elle pour la prendre dans mes bras.
-Bonjour mon grand! Tu es très beau. Qui est-ce que tu veux impressionner comme ça? mais elle est folle ou quoi? Qu'est-ce qu'elle raconte? Elle l'a pas dit doucement en plus.
-Personne mamie, je suis toujours beau figure toi, dis-je en bombant le torse. Elle secoue la tête mais rigole et se recule. Je vois alors mon père s'avancer vers moi. Oh mon Dieu! Je fais quoi? Comment je lui dis bonjour ? Il décide à ma place en me tendant une main.
-Bonjour Bill, tu vas bien?
-Euh, oui oui et toi?
-Très, très bien
. Il se gratte la tête dans un geste de nervosité et semble hésiter. J'entends ma grand-mère souffler.
-Bon Bill, viens ici, je vais te présenter, m'ordonne-t-elle. C'est vraiment obligé de me présenter à eux?
-Alors voilà Gustav le batteur, Georg le bassiste, Frank le chanteur et Tom le guitariste, mais ça tu le sais déjà. J'ai les bras croisés sur mon torse et leur adresse à tous -sauf à Tom, puisque je m'obstine à ne pas le regarder- un regard de killer, mais ma grand-mère me met un coup dans les côtes alors je les salue.
-Moi, c'est Bill, le fils de mon père. Je me présente de la même façon qu'elle me les a présenté rien que pour tous les emmerder. Tom se lève et passe à côté de moi en disant :
-Bizarre, on dirait pas. J'ouvre la grand la bouche, choqué et me retourne vers lui pour lui répliquer quelque chose mais suis devancer par mon père.
-Tom, tes remarques tu peux les garder pour toi la prochaine fois, lui dit-il d'un ton froid.
Tom regarde mon père, puis moi et mon père à nouveau.
-Ouais pardon, David.
Non mais je rêve, c'est à moi qu'il devrait être en train de s'excuser. Ma grand-mère passe un bras autour de ma taille et me sert affectueusement contre elle. Je la regarde, elle me sourit et me dit tout doucement : je suis fière de toi, alors je lui souris à mon tour.

-Euh Bill...J'ai réservé une table à un restaurant pour midi, me dit mon père, il faudrait que l'on parte tout de suite pour être à l'heure.
C'est une bonne idée d'aller au restaurant, je me sentirai certainement plus à l'aise sans qu'il y ait les quatre autres autour.
-D'accord. Bon, ben on y va?
Il me sourit et acquiesce.
***

Nous sommes assis à la table d'un restaurant quatre étoiles. C'est très chic, très bien fréquenté, très snob et j'adore ça. Ca faisait longtemps que je n'avais pas mis les pieds dans ce monde et dans un sens, ça m'avait un peu manqué.

-Bon, Bill, on ne va pas tourner autour du pot, m'annonce mon père, je crois qu'on a des trucs à se dire. Je le regarde avec des yeux écarquillés. Ca me surprend qu'il veuille en parler aussi directement.
-Oh, bien sûr. Tu préfères commencer ou alors je te dis tout ce que j'ai sur le coeur tout de suite?
-Commence, je verrai sur quel point je dois me défendre ensuite.
Le ton que nous employons est très sec et un peu froid. Je crois que c'est un peu normal, nous sommes tout les deux en mode auto-défense.
-Très bien : alors je t'en veux d'avoir oublié que j'existai. A l'époque de l'adolescence, celle où tu aurais dû être le plus présent pour moi, tu n'étais jamais là. Toujours avec eux, jamais avec ton fils.
-Bill, il faut que tu comprennes que c'est mon travail. Je voulais les lancer, il fallait que je passe du temps avec eux,
essaye-t-il de se défendre.
-Oh vraiment? Et il fallait que tu passes ton temps avec eux le jour de mon anniversaire aussi? c'est la chose qui m'est le plus restée en travers je crois. Il a oublié le jour de ma naissance, c'est quand même pas rien. Ajouté à tout le reste, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
-Bill, je suis réellement navré pour ça! Je te le jure, je ne m'explique même pas comment j'ai pu oublier une chose pareille.
-D'accord et le fait que tu n'es même pas cherché à me retrouver? T'as quoi à dire là dessus?
-Je...je ne savais pas où tu étais allé.
-Ca ne t'a jamais traversé l'esprit, qu'à dix-sept ans, le seul endroit où je pouvais aller, c'était chez ma mère?
-Bill, je t'en prie baisse d'un ton,
me demande-t-il calmement. Je sais que j'ai mal agi avant et après ton départ...et je t'en demande peut-être beaucoup mais maintenant que tu es là, j'aimerais que tu me donne une seconde chance, s'il te plaît. Je ne ferai pas les même erreurs.
-C'est ça ouais...T'es en train de me dire que si je décide de revenir dans ta vie, je passerai avant eux?
il ne répond pas tout de suite, je ne crois pas que cela soit possible pour toi. Regarde, par exemple, ils ne sont pas de notre famille et ils sont chez mamie. Je ne comprend pas, explique moi pourquoi?
-J'aimerais que tu ne mélange pas tout, Bill. Tu t'en prends aux mauvaises personnes, ils ne sont en rien responsable de mon attitude.
Lui aussi hausse le ton et quelques personnes autour de nous, nous regarde. Le serveur arrive juste à ce moment là et dépose nos plats devant nous, en nous souhaitant bon appétit. Nous mangeons en silence quelques instants, pour faire retomber la pression. Mais nous n'avons pas terminé notre conversation.

-D'accord, tu es l'unique responsable de tout ça mais tu n'as pas répondu à ma question. Pourquoi sont-ils chez mamie?
-Ils sont très gentils, peu importe ce que tu en pense, mamie les connaît tous très bien et est très heureuse de les voir chez elle. Ce n'est peut-être pas leur grand-mère mais ils l'aiment assez pour se faire du souci pour elle.

Ok, il m'a coupé le sifflet là. Mais je ne sais pas quelle attitude adopter. Est-ce que je lui donne sa seconde chance? Est-ce que je le déteste jusqu'à la fin de mes jours? Je pousse un long soupir et relève la tête vers lui. Il attend une nerveusement une réaction ou une réponse de ma part.

-Ecoute Bill, je ne peux rien te promettre malheureusement, mais je suis prêt à faire des efforts pour te récupérer... Je ne répond pas tout de suite, pesant le pour et le contre. Finalement, je hoche la tête.
-D'accord, dis-je dans un souffle.
Il me lance un sourire sincère, qui vient du fond de son coeur et je lui rend.
***

Nous en sommes au dessert et nous avons abordé tout les sujets plus ou moins intéressants des trois dernières années de nos vies. Je passe un bon moment et suis très détendu.

-Alors, tu ne sais vraiment pas quand tu vas repartir?
-Tu veux déjà te débarrasser de moi ou quoi?
-Non pas du tout, c'est juste pour savoir si...je pourrais...par exemple, je dis ça comme ça hein, t'entraîner dans mon monde,
dit-il en hésitant grandement.
-M'entraîner dans ton monde? je demande suspicieux, comment ça?
-Par exemple, dans trois semaines, les garçons retournent en studio, ils vont reprendre leur train train quotidien, donc peut-être que tu pourrais nous accompagner.

Je rigole en pensant que c'est une blague et le regarde amusé. Mais son air me fait comprendre qu'il est on ne peut plus sérieux.
-Oh! Je ne sais pas quoi dire...c'est un peu précipité, je vais y réfléchir d'accord?
-Bien sûr prends tout ton temps!

***

Nous sommes arrivés chez ma grand-mère depuis quelques instants et je dois avouer que je suis de très bonne humeur. Maintenant, j'aimerais aller voir ma grand-mère, non seulement pour lui dire que les choses entre mon père et moi mais aussi pour savoir comment elle va.
A première vue, il n'y a personne dans la maison et ma grand-mère doit être dans sa chambre. Je préviens mon père que je vais aller la voir et lui me dis qu'il à rendez-vous avec quelqu'un.

-Ah bon? Un Dimanche? C'est pas un rendez-vous d'affaire ça! C'est qui? je lui demande curieux.
-Non mais dis donc, j't'en poses des questions moi?
-Non mais tu peux, j'ai rien à cacher!
lui dis-je fièrement.
-D'accord...alors, par qui ton petit coeur est-il pris?
-Il n'est pas vraiment pris mais j'ai quelqu'un. Il s'appelle Manuel!
j'ai bien insisté sur le 'il' pour voir sa réaction.
-Depuis combien de temps tu es avec lui?
-Ben c'est tout? Ca ne te fait ni chaud ni froid?
-Que tu sois gay? Tu crois peut-être que j'ignore tout sur toi mais ça, je le sais depuis bien longtemps. Je t'ai surpris un jour avec ton petit copain à seize ans,
m'explique-t-il.
-D'accord...Alors comment elle s'appelle?
Il souffle en secouant la tête "Miranda" et il s'éloigne avec un petit sourire.
Je le regarde refermer la porte derrière en souriant moi aussi. Je suis content de notre réconciliation.
Bon allez, mamie m'attend.


Chapitre 7 12/12/2009

Chapitre 7 : Première approche

POV Bill

Pendant près de deux heures, nous avons parlé. Surtout de ma réconciliation avec mon père et elle m'a conseillé d'accepter sa proposition de l'accompagner en studio. C'est vrai que cela va m'aider à comprendre son job et ses obligations. Puis ça m'apprendra à connaître les quatre garçons. Pas que j'en ai particulièrement envie mais ça fera certainement plaisir à mon père.
J'entends toquer à la porte. Je me relève de mon lit, surpris. Qui pourrait venir toquer à ma porte ? Je n'ai rien commandé pourtant. Je me lève et vais ouvrir. J'ai la surprise de voir manuel.

-Salut Beauté ! me dit-il en se penchant sur mes lèvres pour m'embrasser. Je passe mes bras autour de son cou pour le serrer davantage contre moi et je le sens sourire contre mes lèvres. Il nous fait avancer doucement dans la chambre et ferme la porte derrière lui. Je me détache de lui et lui souris.
-Salut, qu'est-ce que tu fais là ?
-Je prends mon service dans trois quarts d'heure alors je me suis dis que je pouvais venir te voir avant. Ca va ?
-Oui très bien. Je me suis réconcilié avec mon père !
depuis que c'est arrivé, j'ai envie que tout le monde le sache.
-Ca me fait plaisir, il passe devant moi et va s'asseoir sur mon lit. Viens t'asseoir. Je trottine vers lui joyeusement. Je suis bien content qu'il soit là. A peine assis, il me serre dans ses bras et m'embrasse presque sauvagement. Je gémis, même si je sais que je ne devrais pas, alors qu'il m'allonge sur le lit, sous lui. Mes jambes s'écartent inconsciemment et il s'installe entre. Mes mains sont partout sur son dos par-dessus son t-shirt. Lui par contre, fait courir ses mains sous mon t-shirt pour caresser mes côtes. Cela me donne des frissons de bonheur et je gémis un peu plus fort. Seulement lorsqu'il commence à jouer avec ma ceinture pour tenter de me la retirer, je reprends mes esprits et le repousse gentiment. Je lui caresse le visage en souriant.

-Manu...tu sais ce que je pense de tout ça, je préfèrerais attendre.
-Pourtant,
commence-t-il en m'embrassant dans le cou, hier soir, c'était bien, non ?
-Oui, bien sûr, mais...
je ne finis pas parce que finalement, il a peut-être un peu raison. C'est plus une question de dignité qu'une question d'éthique. Je ne veux pas passer pour un mec facile même s'il est vrai que la perspective d'avoir du sexe, là tout de suite, est alléchante. Mais non, j'ai des principes, alors il attendra même si ce n'est pas longtemps.
Ses avant-bras sont de chaque côté de ma tête et il me dévisage attentivement, visiblement en train de réfléchir à quelque chose. Il m'embrasse une dernière fois du bout des lèvres, se redresse et m'aide à faire de même.
-Alors, ça s'est passé comment avec ton père ? me demande-t-il en passant sa main sur mes reins, me caressant tendrement en de petits cercles.
-Il m'a emmené au restaurant, on a parlé et puis ça s'est arrangé. Je compte passer du temps avec lui maintenant.
-Et tu comptes passer du temps avec moi aussi ou pas ?
me demande-t-il avec une moue boudeuse, très attendrissante.
-Oui bien sûr. Tes jours de repos, je les passerai avec toi. Tu peux venir chaque jour avant ton service aussi ça ne me dérange pas.
Il acquiesce et me dit qu'il doit aller travailler. Je le raccompagne jusqu'à la porte et après un dernier baiser, il s'en va.

[...]

POV David
Je me réveille lentement dans les bras de Miranda. Il n'est pas loin de 10h00 du matin et il faudrait que je retourne chez ma mère. Son médecin doit passer ce matin et je dois parler avec les garçons. Pas sûr qu'ils soient réveillés à cette heure ci mais bon. Je m'extirpe du lit en silence pour ne pas la réveiller et vais prendre une douche.

Cela fait quatre mois qu'elle et moi sommes ensemble mais nous n'habitons pas encore sous le même toit. J'ai eu plusieurs aventures après mon divorce et à chaque fois tout allait très vite –premier baiser, première relation sexuelle, premier 'je t'aime' et nous emménagions ensemble au bout de quelques semaines à peine- et tout se terminait très vite. J'apprécie énormément Miranda et je n'ai pas envie de gâcher ce que nous avons en avançant trop vite. C'est pareil pour elle, elle a divorcé deux fois.

Je sors de la salle de bains quelques dizaine de minutes plus tard et m'habille rapidement dans la chambre. Je la vois bouger sous les couvertures et m'avance à pas de loup vers elle. Je m'abaisse face à son visage et dégage les mèches de devant ses yeux et l'embrasse.

-Bonjour, bien dormi ?
-Oui très bien,
me répond-elle d'une voix endormie. Qu'est-ce que tu fais déjà debout ?
-Je vais voir ma mère.
Je l'entends ricaner.
-Ca fait gamin ce que tu viens de dire. Je rigole avec elle.
-Je vais me préparer un café, tu en veux un ? je lui propose et elle hoche de la tête.

***
Je suis en train de remplir mon bol quand elle arrive et m'enlace par derrière.
-Tu vas voir ton fils aussi ?
-Je ne sais pas s'il sera là mais si c'est le cas oui.
Je me retourne vers elle et lui tends son bol. Nous buvons en silence.
-Tu me le présenteras un jour ? me demande-t-elle doucement.

[...]

Je viens d'arriver chez ma mère et retrouve tout mon petit monde dans la cuisine. A part ma mère et Gustav, ils sont tous en train de déjeuner.

-Bonjour tout le monde, je les salue en entrant dans la pièce.
Ils se retournent tous vers moi et me répondent en ch½ur.
-Il faudrait que je vous parle les gars, je leur annonce en les regardant à tour de rôle. Vu leurs têtes, je pense que seul Gustav va être apte à comprendre ce que je vais leur raconter.
-Hier, on a beaucoup parlé avec mon fils, je commence mais suis interrompu par Frank.
-Ah ouais, ça s'est passé comment au fait ?
-J'allais y venir...donc je disais qu'on a parlé et ça s'est arrangé.
-T'es content alors,
me dit Georg en me tapant dans le dos de façon amicale mais très masculine.
-Oui mais je n'avais pas fini de parler. Donc, il compte rester ici un certain temps pour sa grand-mère, je regarde ma mère en souriant, je lui ai donc proposé de venir en studio avec nous dans trois semaines.
Ils ont tous un petit mot gentil et approuvent ma décision, à part Tom que la nouvelle n'a pas l'air d'enchanter.
-Ca te dérange Tom ? je le questionne avec appréhension car il faut l'avouer leur opinion m'est très importante.
-Tu fais ce que tu veux Dave, mais je veux que tu saches que s'il ne fait pas d'effort, je n'en ferai pas non plus, s'explique-t-il tout en débarrassant son bol dans l'évier avant de sortir de la pièce, sous les regards consternés de tout le monde.
C'était peut-être pas une bonne idée de proposer ça à Bill...

[...]

Je me réveille en sursaut et regarde l'heure sur mon portable : 9h00. Merde...je suis à la bourre. J'ai rendez-vous dans une demi-heure avec mon père chez ma grand-mère. Aujourd'hui, c'est le jour J : je les accompagne en studio pour voir comment ça se passe. Donc autant dire qu'il ne vaut mieux pas que je sois en retard. Il faut un quart d'heure de route jusqu'à chez mamie et bien une heure pour me préparer...Comment j'vais faire ? Obligé de zapper la case maquillage et coiffure sophistiquée. Une simple queue de cheval fera l'affaire. Encore heureux, hier soir j'avais pris le soin de demander à l'accueil d'appeler un taxi pour moi.
Le truc, c'est que depuis trois semaines, Manu passe la plupart de ses soirées avec moi et hier n'a pas été une exception à la règle. Il a dû partir vers une heure du matin. On a regardé un film et on s'est...comment dire ? câliné. Nous n'avons pas été plus loin pour l'instant. Et ce n'est pas par manque d'insistance de sa part. Bichette, je crois que je suis en train de le faire arriver jusqu'au point de non retour. Bon bref, il faut que je me dépêche quand même !

***
Je vois mon père sur le perron et me dirige vers lui en courant, pour faire genre ! Il descend les quelques marches jusqu'à sa voiture qu'il déverrouille et monte dedans. Je l'y rejoins et m'excuse en souriant.

-Désolé vraiment, je me suis couché tard !
-Manu je suppose,
me dit-il en me lançant un petit regard moqueur.
-Euh oui et non. Mais je ne préfère pas parler de ce genre de choses avec toi.
-Oh, et bien, pour tout te dire...discuter de la vie sexuelle de mon fils, c'est pas trop mon truc non plus !
Tant mieux ! Ca m'arrange !

***
Mon père m'a expliqué que les gars habitent ensemble dans un petit appartement et que le studio est adjacent. C'est la classe quand même ! Et puis c'est bien pour moi comme ça si je m'emmerde trop je pourrai toujours aller regarder la télé chez eux ou dévaliser leur frigo.
Nous y arrivons après environ une demi-heure de route. C'est un beau bâtiment, plutôt éloigné des autres habitations. Nous devons passer par un portail électrique gardé par un homme en uniforme. Pour des questions de sécurité m'explique mon père. Et effectivement, dans le loin je peux voir un attroupement de filles qui n'attendent visiblement qu'une chose : que leurs idoles sortent et leur sauter dessus pour leur réclamer un autographe. Et puis elles ont pas l'air commode en plus.

Il se gare, nous sortons de la voiture et nous dirigeons vers l'entrée du bâtiment. Le studio est au rez-de-chaussée et l'appartement au premier. Personne n'est encore au studio à première vue alors mon père me dit le suivre à l'étage. Nous arrivons dans un petit couloir, sur la droite une porte entrouverte qui mène à la cuisine, en face trois petites marches qui mènent jusqu'à une autre porte et à gauche, le salon dans lequel nous pénétrons. Georg, Frank et Gustav sont avachis sur le canapé en train de regarder une série. Tom est assit sur un fauteuil en train de boire son café. Ca servait vraiment à grand-chose de se presser pour les retrouver dans cet état.

-Ben, les gars ! C'est plus les vacances, va falloir se bouger un peu ! leur dit mon père.
-Non mais c'est parce que ce matin, on avait pensé qu'on pourrait te montrer les textes qu'on a écrit, puis se mettre vraiment au travail demain, explique Frank.
-Vous êtes vraiment une bande de feignasse, dit mon père en se défaisant de son manteau, qu'il va déposer sur une chaise pas trop loin. C'est à ce moment là qu'ils me voient, alors je leur fait un sourire un peu timide.
-Salut tout le monde, je les salue avec un petit signe de main. Le premier à se lever pour me saluer à son tour, c'est Frank.
-Salut Bill, content que tu sois venu, me dit-il avec un grand sourire avenant.

Gustav et Georg me salue de la même façon chaleureuse. Apparemment, ils sont prêts à me donner une chance tout autant que moi je suis prêt à leur en donner une. Je vois Tom se lever lentement de son fauteuil, son bol à la main, et se diriger vers moi d'un pas mollasson. A peine arrivé à ma hauteur, il me regarde dans les yeux juste l'espace d'une seconde, et me dit un salut plat et sans entrain qui me fait comprendre que ça ne lui plaît pas plus que ça que je sois ici.
Je sens que ça va être grandiose.

-Ne t'en fais pas Bill, il s'est levé du mauvais pied ce matin, et il a été désagréable avec tout le monde, me rassure Gustav.
-Ah d'accord, je connais ça moi aussi...

***
Il est revenu un quart d'heure après et on est allé s'asseoir sur la table. Là Frank à sortit tout un paquet de feuilles, sur lesquelles étaient écrites leurs nouvelles chansons.

Je ne suis pas un expert, puisque je n'ai jamais écouté une seule de leurs chansons, mais j'aime bien les paroles qu'ils présentent en ce moment. Je pense que je vais demander à mon père de me passer leur deux premiers CD. Ca me donnera une idée de ce qu'est vraiment leur son.

Maintenant qu'on a fini de les lire, ils discutent pour savoir lesquelles ils vont garder. Il doit y avoir près de trente textes, ils ne peuvent en garder que la moitié à peine. Je suis laissé un peu à l'écart de la conversation et du coup je m'ennuie un peu. En plus Tom depuis tout à l'heure n'arrête pas de me donner des coups de pieds. Je ne sais pas si c'est fait exprès ou pas mais en tout cas ça m'énerve, surtout qu'il ne s'est pas excusé une seule fois. J'essaye de garder le contrôle par rapport à ce que j'ai promis à mon père mais s'il n'arrête pas bientôt, je sens que ça va péter.

Alors qu'il me donne un énième coup de pied, auquel j'allais répondre violemment, je sens mon portable vibrer dans ma poche. Un appel de Manu. Génial, ça va me faire passer le temps et aussi faire redescendre la pression. Tous me regarde et je m'excuse en disant que je dois répondre. Je lance un regard noir à Tom et sors de la pièce.

[...]
POV David
-Tom, tu peux me dire ce que c'est ton problème ? je lui demande froidement.
-De quoi tu parles ?
-D'une tu lui parles mal et ensuite tu lui donnes des coups de pied sous la table. T'as quel âge pour faire des trucs pareil ?
il baisse les yeux un peu honteux, en plus, lui en fait des efforts depuis qu'il est arrivé.
-Ouais, pardon, s'excuse-t-il.
-C'est pas à moi que tu dois t'excuser, je lui réplique toujours aussi froidement.

[...]
POV Bill
Je reviens une dizaine de minutes plus tard, un grand sourire aux lèvres. Cette après-midi, il ne travaille pas et demain c'est son jour de repos, alors, il m'a demandé si on pouvait se voir. J'ai bien évidemment accepté et lui ai proposé de rester dormir avec moi cette nuit. Il était bien content...tu m'étonnes !

–Papa, je vais rentrer à l'hôtel. J'ai un rendez-vous. Il me regarde avec un regard entendu et un petit sourire en coin.
-Ah, j'vois le genre ! et il ricane. Mon Dieu ! Quelle andouille ! Tu veux que je te raccompagne ? me propose-t-il.
-Non, c'est bon je vais prendre un taxi.

Je me tourne vers les garçons et les salue. Je fais la bise à mon père et sors de l'appartement pour attendre le taxi à l'extérieur. Ca ne fait même pas trente secondes que je suis dehors que j'entends la porte qui claque et quelqu'un qui m'interpelle. Je me tourne et vois Tom, qui me regarde un peu gêné.

-Euh, je voulais m'excuser en fait.
-Pour quoi ? Pour être un p'tit con ? Ah d'accord !
je lui répond sur un ton un peu méprisant.
-D'accord, c'est bon j'ai compris, tu m'aimes pas ! Mais moi non plus ! Seulement, ton père aimerait que l'on fasse des efforts donc je pense qu'on pourrait essayer d'être poli l'un envers l'autre. J'accepte après un petit instant de réflexion et vois mon taxi arriver. Je lui dis donc au revoir et monte dans le taxi.

Je sens que ça va pas être si facile que ça de passer mon temps en studio avec eux...